Napoléon : « Un roi doit se défendre et mourir dans ses États. Un roi émigré et vagabond est un sot personnage. » | L’Histoire en citations
Chronique du jour

 

Premier Empire

Chronique

Le Grand Empire, un rêve devenu presque réalité.

Le Grand Empire s’édifie par la conquête, les annexions, les « réunions ». Napoléon vole de victoire en victoire, depuis Austerlitz (1805) où il a écrasé Russes et Autrichiens. Chaque année, les armées françaises forcent une capitale : Berlin (1806), Lisbonne (1807), en attendant Madrid (1808), Vienne (1809). Il rêve toujours de conquérir l’Angleterre (maîtresse des mers, depuis Trafalgar) et faute de pouvoir débarquer, il organise le Blocus continental.

Les commentaires sont allégés, les coupes signalées (…) Retrouvez l’intégralité dans nos Chroniques de l’Histoire en citations.

« Un roi doit se défendre et mourir dans ses États. Un roi émigré et vagabond est un sot personnage. »1815

NAPOLÉON Ier (1769-1821), Lettre à Joseph, roi de Naples, 9 août 1806. Correspondance de Napoléon Ier, publiée par ordre de l’empereur Napoléon III (1858)

L’empereur a chassé les Bourbons du royaume de Naples, pour y mettre son frère aîné. Mais il n’approuve pas toujours la politique des nouveaux souverains qu’il essaime un peu partout en Europe, et ceux-ci ont souvent des difficultés avec leurs peuples. Ainsi Joseph, qui entreprend des réformes inspirées du Consulat et se montre bien faible, oubliant que « la force et une justice sévères sont la bonté des rois ».

« À tout peuple conquis, il faut une révolte, et je regarderai une révolte à Naples comme un père de famille voit une petite vérole à ses enfants, pourvu qu’elle n’affaiblisse pas trop le malade. »1816

NAPOLÉON Ier (1769-1821), Lettre à Joseph, roi de Naples, 17 août 1806. Correspondance de Napoléon Ier, publiée par ordre de l’empereur Napoléon III (1858)

Napoléon use d’une métaphore singulière, pour être mieux compris de son aîné. Joseph ne restera que deux ans sur ce trône. Remplacé par Murat, il se retrouvera en Espagne où la population madrilène se révoltera bien davantage.

« Pas besoin de sabres, les gourdins suffiront pour ces chiens de Français ! »1817

Frédéric-Guillaume III, roi de Prusse, été 1806

Il apprend que les officiers prussiens s’amusent à affûter leur sabre, sur les marches du perron de l’ambassade de France. Le roi de Prusse a tort de jouer les matamores.

« Jamais on n’a vu une déroute semblable ; jamais la terreur ne fut si générale ; les officiers déclarent ouvertement qu’ils ne veulent plus servir, tous désertent leurs drapeaux et retournent chez eux. »1818

Joachim MURAT à Napoléon, Iéna, 14 octobre 1806 (…)

L’empereur Napoléon est redevenu Bonaparte le capitaine d’artillerie, rectifiant la place des batteries, la veille du combat, cependant que la Prusse a bien présumé de ses forces. Murat « le Sabreur », commandant la cavalerie, a largement contribué à la victoire. L’armée prussienne est anéantie. La route de Berlin est ouverte.

« Sire, le combat finit faute de combattants. »1819

Joachim MURAT (1767-1815) à Napoléon, Magdebourg, 11 novembre 1806 (…)

Trois semaines après Iéna, paraphrasant Rodrigue dans Le Cid, Murat rend compte à l’empereur de cette nouvelle victoire. La garnison prussienne s’est rendue à Ney. Bilan : 110 000 prisonniers en 36 jours de campagne.

« Je veux conquérir la mer par la puissance de la terre. »1820

NAPOLÉON Ier (1769-1821), Décret de Berlin, 21 novembre 1806. Histoire économique et sociale de la France (1976), Fernand Braudel, Ernest Labrousse

Pour résoudre le « problème anglais », autrement dit neutraliser l’ennemi qui règne sur les mers, la guerre navale est impossible, après la défaite de Trafalgar, et le débarquement semble irréalisable. Napoléon reprend alors une autre idée, longuement méditée, rédigeant lui-même le décret. C’est le Blocus continental : « Tout commerce et toute correspondance avec les îles Britanniques sont interdits. » Y compris aux pays neutres (…)

« Quel massacre ! Et sans résultat ! Spectacle bien fait pour inspirer aux princes l’amour de la paix et l’horreur de la guerre ! »1821

NAPOLÉON Ier (1769-1821) sur le champ de bataille d’Eylau, 9 février 1807. La Chambre noire de Longwoog : le voyage à Sainte-Hélène (1997), Jean-Paul Kauffmann

Près de 50 000 tués ou blessés autour de lui. Coûteuse et amère victoire en date du 8 février, remportée avec l’aide de Murat, Davout, Ney, Soult, Augereau et Lannes, contre les Russes supérieurs en nombre et ce qui restait des Prussiens. Napoléon découvre le spectacle atroce, le lendemain. Il commande un tableau, il dicte tout ce que le peintre doit faire passer (…) Pour la première fois, on voit le visage de Napoléon, bouleversé (…)

« J’écris au ministre de la Police d’en finir avec cette folle de Mme de Staël, et de ne pas souffrir qu’elle sorte de Genève, à moins qu’elle ne veuille aller à l’étranger faire des libelles. »1822

NAPOLÉON Ier (1769-1821), à Regnault de Saint-Jean-d’Angély, procureur général de la Haute Cour, 20 avril 1807 (…)

Il est de plus en plus irrité par cette femme qui le hait d’autant plus qu’elle voulut se faire aimer de lui, jadis : les deux plus grands génies du siècle, lui l’homme et elle la femme, n’étaient-ils pas faits pour cela, pensait-elle ! Ce n’était certainement pas le genre de maîtresse qu’il recherchait.

« Nous autres peuples d’Occident, nous avons tout gâté en traitant les femmes trop bien […] Elles ne doivent pas être regardées comme les égales des hommes, et ne sont, en réalité, que des machines à faire des enfants […] Il vaut mieux qu’elles travaillent de l’aiguille que de la langue. »1823

NAPOLÉON Ier (1769-1821). Histoire de la France : dynasties et révolutions, de 1348 à 1852 (1971), Georges Duby

La création de la maison d’éducation des jeunes filles de la Légion d’honneur d’Écouen, le 15 mai 1807, est une occasion parmi d’autres de manifester sa misogynie, en réaction contre un XVIIIe siècle relativement émancipateur et une idéologie révolutionnaire démocratique. Bref, selon une note de l’empereur : « Élevez-nous des croyantes et non pas des raisonneuses. »

« Monsieur le duc de Dantzig, l’Empereur des Français vous salue et vous adresse ses chaleureuses félicitations. »1824

NAPOLÉON Ier (1769-1821), au maréchal Lefebvre, 1er juin 1807. Histoire de la France et des Français (1972), André Castelot, Alain Decaux

Lefebvre vient de prendre Dantzig, dernière place forte prussienne. Un siège très difficile, pour préparer le passage de la Grande Armée, trois semaines durant lesquelles il répète à ses artilleurs : « Je n’entends rien à votre affaire, mais fichez-moi un trou et j’y passerai. » En récompense, Lefebvre devient le premier duc d’Empire. Après quoi, les distinctions vont pleuvoir sur la tête des chers et braves maréchaux (…)

« Je suis plus à l’aise sous la mitraille qu’entouré d’un essaim de jolies filles décolletées. »1825

Maréchal LEFEBVRE (1755-1820), à Talleyrand, confidence lors d’une soirée à la cour des Tuileries (…)

La réflexion donne le climat de la nouvelle cour impériale. Étiquette quasi militaire, pour des personnages venus de toutes les couches de la société : bourgeoisie (Bernadotte, Berthier, Jourdan, Junot, Masséna, Soult) et peuple (Augereau, Carnot, Lannes, Lefebvre, Murat, Ney), mal à l’aise face à la vieille noblesse (…) et aux dames. La « femme à Lefebvre » (…) servit de modèle à Sardou pour Madame Sans-Gêne.

« Vous êtes duc, mais vous n’avez pas d’ancêtres, dit le duc de Montmorency.
— C’est vrai ; c’est nous qui sommes des ancêtres ! »1826

Maréchal SOULT (1769-1851). Fière réplique, également attribuée au général JUNOT (1771-1813) (…)

Soult et Junot sont dans le même cas : duc d’Empire par la grâce de l’empereur. Ils n’en affichent pas moins leur fierté, face à un Montmorency, grande famille française dont les titres de noblesse remontent au XIIe siècle. Junot La Tempête, duc d’Abrantès, rêve d’obtenir son bâton de maréchal, malgré ses frasques. Il se lance dans toutes les batailles possibles, mais l’aliénation mentale est reconnue. Un accès de délire hâtera sa fin.

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