Nivelle : « Nous romprons le front allemand quand nous voudrons. » | L’Histoire en citations
Chronique du jour

 

Première Guerre Mondiale

L’entrée en guerre des États-Unis

L’Amérique entre heureusement en guerre (avril 1917) et vient payer sa dette historique à la France de La Fayette. Le président Poincaré se résout à appeler Clemenceau en dernier recours (novembre 1917). À 76 ans, « le Tigre », le « tombeur de ministères » va gagner son nouveau surnom de « Père la Victoire », au prix d’une véritable dictature politique. En mars 1918, toutes les armées alliées - française, britannique, belge, américaine - sont placées sous le commandement unique du général Foch. La grande bataille de France commence.

Les commentaires sont allégés, les coupes signalées (…) Retrouvez l’intégralité dans nos Chroniques de l’Histoire en citations.

« Nous romprons le front allemand quand nous voudrons. »2598

Général NIVELLE (1856-1924), promesse en date du 13 janvier 1917. 1917 en Europe : l’année impossible (1997), Jean-Jacques Becker

Nivelle est promu commandant en chef (décembre 1916)

(…) Le pays perd confiance, et des rapports signalent un fléchissement du moral dans l’armée. Nivelle fait croire à une fin de guerre rapide : partisan de la guerre offensive (comme Joffre), il supplante Foch et Pétain – pour quelques mois seulement.

(…) Malheureusement, Nivelle se lance dans la bataille, sans prendre en compte les particularités du lieu, ni le repositionnement des lignes ennemies, ni le brouillard qui gêne le réglage des tirs d’artillerie. La bataille est perdue en une heure, mais il s’obstine à envoyer l’infanterie au front.

« Ceux qu’ont l’pognon, ceux-là r’viendront,
Car c’est pour eux qu’on crève.
Mais c’est fini, car les trouffions
Vont tous se mettre en grève.
Ce s’ra votre tour, messieurs les gros,
De monter sur l’plateau,
Car si vous voulez la guerre,
Payez-la de votre peau ! »2599

La Chanson de Craonne, printemps 1917. La Chanson en son temps : de Béranger au juke-box (1969), Georges Coulonges

Anonyme, interdite pour son antimilitarisme, elle dit les souffrances des soldats révoltés contre les attaques inutiles et meurtrières lancées par des chefs comme Nivelle (…)

La « grève des attaques » commence le 2 mai. La répression touche quelque 30 000 mutins ou manifestants, d’où 3 427 condamnations, dont 554 à mort et 57 exécutions. Pétain a repris le commandement en chef à Nivelle, limogé le 15 mai. Fin des offensives inutiles, dès le 19.

« L’artillerie conquiert, l’infanterie occupe. »2600

Philippe PÉTAIN (1856-1951). 1914-1918 : la Grande Guerre, vécue, racontée, illustrée par les combattants (1922), publié sous la direction de Christian-Frogé

Cette conception tactique, nouvelle et défensive, condamne la stratégie des offensives incessantes, devenues insupportables. Pour attaquer, il faut attendre d’en avoir les moyens – surtout en artillerie lourde.

Le nouveau commandant en chef oblige par ailleurs les officiers à se préoccuper davantage du confort des soldats – indispensable, pour rétablir la confiance. Ce souci d’épargner les hommes n’était pas la règle.

En mai 1917, comme en février 1916, mais auréolé par la gloire du « vainqueur de Verdun », il restaure véritablement l’armée française (…)

« La France est la frontière de la liberté. »2601

Georges CLEMENCEAU (1841-1929) citant ce cri de l’Amérique tant espérée. Clemenceau journaliste (1841-1929) : les combats d’un républicain (2005), Gérard Minart

(…) Le président Wilson, élu en 1913, réélu en 1916, est un neutraliste convaincu. Le peuple américain aussi, partagé entre une population anglo-saxonne favorable à l’Entente (France et Angleterre), des immigrés d’origine allemande ou irlandaise qui sont contre, et d’autres, juifs et polonais, qui espèrent la défaite de la Russie.

(…) Le Congrès américain vote enfin en 1917 la guerre contre les Empires centraux et l’Amérique vient au secours de la France, se rappelant sa dette historique.

« La Fayette, nous voici ! »2602

Colonel Charles E. STANTON (1859-1933), Cimetière de Picpus (Paris), 4 juillet 1917. Également attribué au John J. PERSHING (1860-1948). La Fayette, nous voici ! : l’entrée en guerre des États-Unis, avril 1917 (2007), Ministère de la Défense

La phrase est en tout cas prononcée, le jour de la fête nationale des États-Unis (Independence Day), sur la tombe de La Fayette, le héros des deux mondes, général français volontaire dans la guerre d’Indépendance américaine en 1777.

(…) Dès le 28 juin, la première division américaine débarque à Saint-Nazaire : 14 500 hommes, qui seront 365 000 en décembre. Intervention décisive en cette année charnière où tous les pays en guerre sont en crise (morale, politique, sociale, militaire). L’union sacrée n’est plus ce qu’elle fut (…)

« Le Parlement est le plus grand organisme qu’on ait inventé pour commettre des erreurs politiques, mais elles ont l’avantage supérieur d’être réparables, et ce, dès que le pays en a la volonté. »2603

Georges CLEMENCEAU (1841-1929), Sénat, 22 juillet 1917. Discours de guerre (1968), Georges Clemenceau, Société des amis de Clemenceau

Toujours dans l’opposition, il met en cause Malvy, ministre de l’Intérieur depuis le début de la guerre, accusé de « défaitisme », en l’occurrence de trop de mollesse et de négligence pour réprimer tant des affaires de trahison caractérisées que des menées pacifistes. (…)

« Nous voulons vaincre pour être justes. »2604

Georges CLEMENCEAU (1841-1929), Chambre des députés, Déclaration ministérielle du 20 novembre 1917. Discours de guerre (1968), Georges Clemenceau, Société des amis de Clemenceau

Appelé à 76 ans par Poincaré, le 16 novembre, il forme un nouveau gouvernement, accepté par une très forte majorité de députés, le 20 novembre (…) Il incarne une république jacobine, au patriotisme ardent, animé par la volonté de se battre jusqu’au bout, mais autrement. Il commence, en décembre, par poursuivre les politiciens défaitistes, Malvy, mais aussi et surtout Caillaux, ex-président du Conseil, accusé d’intelligence avec l’ennemi.

« Sur le front, les soldats voyaient apparaître un vieil homme au feutre en bataille, qui brandissait un gourdin et poussait brutalement les généraux vers la victoire. C’était Georges Clemenceau. »2605

André MAUROIS (1885-1967), Terre promise (1946)

(…) Clemenceau, moins terrible que sa légende de Tigre, recherche le contact avec les poilus des tranchées qui l’appellent affectueusement et simplement le Vieux. Le « vieux Gaulois acharné à défendre le sol et le génie de notre race », auquel de Gaulle rend hommage dans ses Discours et messages, va restaurer la confiance dans le pays (…)

« Ma formule est la même partout. Politique intérieure ? Je fais la guerre. Politique étrangère ? Je fais la guerre. Je fais toujours la guerre. »2606

Georges CLEMENCEAU (1841-1929), Chambre des députés, 8 mars 1918. Le Véritable Clemenceau (1920), Ernest Judet

(…) Un tel discours, dans un tel moment, ce n’est plus un homme politique qui parle en orateur, mais un boulet de canon qui vise l’ennemi. Il répond ici à une interpellation d’Émile Constant, au sujet de procès intentés pour défaitisme et de campagnes de presse menées contre tel ou tel député.

La situation est de nouveau grave, au début de 1918. L’Allemagne, sur le front ouest, a reçu le renfort des 700 000 hommes libérés du front russe (après l’armistice des Soviets). Hindenburg et Ludendorff vont déclencher la grande bataille de France (…)

« L’Allemagne peut être battue, l’Allemagne doit être battue, l’Allemagne sera battue. »2607

John J. PERSHING (1860-1948), au généralissime Foch. The Story of General Pershing (2009), Everett Titsworth Tomlinson

Commandant en chef de l’AEF (American Expeditionary Force, corps expéditionnaire américain) à partir de novembre 1917, il s’adresse à Foch qui reprend le commandement de toutes les forces alliées, avec l’appui de Clemenceau, le 26 mars 1918.

L’unité de commandement s’imposait, pour contrer l’assaut allemand du 21 mars qui a rompu le front des alliés sur 50 km, avec une percée « en éventail » créant la poche de Montdidier. Preuve que la guerre peut encore être perdue ! Mais ce sera un mal pour un bien : l’Amérique accepte de servir sous les ordres d’une autre armée (…)

« Accepter l’idée d’une défaite, c’est être vaincu. »2608

Ferdinand FOCH (1851-1929). 100 hommes qui ont fait la France du XXe siècle (2003), Benoît Berthou, Sophie Chautard, Gilbert Guislain

Nommé généralissime des troupes alliées avec l’appui de Clemenceau, après la conférence interalliée de Doullens, le 26 mars 1918. « La guerre eut désormais une direction et une méthode.

Une bataille de plus de sept mois commençait, qui devait être la dernière et que le généralissime était résolu à ne pas abandonner » (Jacques Bainville, Histoire de France).

« Je me battrai devant Paris, je me battrai dans Paris, je me battrai derrière Paris ! »2609

Georges CLEMENCEAU (1841-1929), printemps 1918. Les Grandes Heures de la Troisième République (1968), Robert Aron

L’offensive allemande du 27 mai sur le Chemin des Dames (lieu de sanglante mémoire) enfonce en quelques heures les positions franco-anglaises, fait une avancée de 20 km en un jour, franchit bientôt l’Aisne et la Marne, créant une nouvelle « poche » de 70 km sur 50.

Foch, un moment contesté, est sauvé par Clemenceau. Et les Alliés reçoivent d’Amérique les renforts prévus, en hommes et en matériel. D’où la contre-offensive menée par Foch : seconde bataille de la Marne, déclenchée le 18 juillet. Les chars d’assaut (tanks) sont pour la première fois utilisés à grande échelle (…)

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