Voltaire : « Non seulement il s'est fait de grandes choses sous son règne, mais c'est lui qui les faisait. » | L’Histoire en citations
Chronique du jour

 

Règne personnel de Louis XIV - Prologue (suite)

Les commentaires sont allégés, les coupes signalées (…) Retrouvez l’intégralité dans nos Chroniques de l’Histoire en citations.

La grandeur du règne

« Non seulement il s’est fait de grandes choses sous son règne, mais c’est lui qui les faisait. »816

VOLTAIRE (1694-1778), Le Siècle de Louis XIV (1751)

Pour cette raison, le Grand Siècle est bien le « siècle de Louis XIV ». Voltaire, en historien très documenté, traite des événements militaires et diplomatiques, insiste sur le développement du commerce et le rayonnement des arts et des lettres, mettant cependant les affaires religieuses au passif du règne de ce « despote éclairé ».

« Ultima ratio regum. » / « Dernier argument des rois. »817

LOUIS XIV (1638-1715), devise gravée sur ses canons

(…) La guerre est l’une des passions du roi, la victoire étant ce qui peut le mieux servir sa gloire (…) Ses contemporains sont du même avis : un roi guerrier fait son métier de roi. Louis XIV poursuit trois buts (…) géopolitiques : prééminence de la France dans le monde, frontière stratégique assurée au nord-est, visées sur la prochaine succession d’Espagne.
 Il se donnera les moyens de sa politique (…)

« Au défaut des actions éclatantes de la guerre, rien ne marque davantage la grandeur et l’esprit des princes que les bâtiments. »818

Jean-Baptiste COLBERT (1619-1683), Lettres, instructions et mémoires de Colbert (posthume, 1863)

Surintendant des Bâtiments, Arts et Manufactures (en 1664), Colbert exprime naturellement la pensée de Louis XIV. Les seuls bâtiments royaux coûtent en moyenne 4 % du budget de l’État (…) Versailles servira de modèle à l’Europe pendant un siècle, imposant la supériorité de l’art français.

« Les peuples se plaisent au spectacle. Par là, nous tenons leur esprit et leur cœur. »819

LOUIS XIV (1638-1715), Mémoires pour l’instruction du Dauphin (1662)

(…) Versailles est un style de vie, le cadre où l’existence du roi se déroule comme une cérémonie (…) Haut lieu du mécénat royal où se donnent les fêtes éclatantes, les plus grands artistes y concourent (…) Dans une Europe encore baroque, c’est le triomphe du classicisme français. C’est également – fait unique dans l’histoire – la réussite d’un art officiel, dirigé, pensionné, administré, voulu par le roi.

« Grand Roi, cesse de vaincre, ou je cesse d’écrire. »820

Nicolas BOILEAU (1636-1711), Épîtres

Boileau est certes courtisan, mais ils le seront tous, les immenses talents du « siècle de Louis XIV » qui travaillent pour le plaisir du roi et créent en même temps des chefs-d’œuvre (…) Boileau accédera avec Racine au poste envié d’historiographe du roi, en 1677.

« Qu’en un lieu, qu’en un jour, un seul fait accompli
Tienne jusqu’à la fin le théâtre rempli. »821

Nicolas BOILEAU (1636-1711), L’Art poétique (1674)

Grand codificateur des lettres, surnommé le Législateur du Parnasse, il donne, avec la « règle des trois unités », la définition de la tragédie classique, genre né et mort au XVIIe siècle, porté à la perfection par le jeune Racine, supplantant le vieux Corneille.

« Je voudrais bien savoir si la grande règle de toutes les règles n’est pas de plaire et si une pièce de théâtre qui a attrapé son but n’a pas suivi un bon chemin. »822

MOLIÈRE (1622-1673), La Critique de l’École des femmes (1663)

Autre génie du siècle, auteur, acteur, metteur en scène, chef de troupe, il ne peut vivre et s’exprimer (…) qu’avec la protection du roi : contre les dévots, les bourgeois, les parvenus, les pédants (…) Racine, si différent de lui, a la même éthique professionnelle : « La principale règle est de plaire et de toucher… »

« On l’entend [la langue française] et on la parle dans toutes les cours de l’Europe, et il n’est point rare d’y trouver des gens qui parlent français et qui écrivent en français aussi purement que les Français mêmes. »823

Antoine FURETIÈRE (1619-1688), Dictionnaire universel, Préface (posthume, 1690)

L’auteur du célèbre dictionnaire s’irrite des lenteurs de l’Académie française à sortir le sien, et de ses lacunes en certains domaines scientifiques et artistiques (…) Le prestige de la France, la profusion des œuvres, l’éclat de sa civilisation contribuent naturellement à cette vaste « francophonie » (…) aujourd’hui menacée.

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