Blum : Pain. Paix. Liberté... | L’Histoire en citations
Chronique du jour

 

Entre-deux-guerres

Le Front populaire

Les forces de gauche s’unissent et le Front populaire l’emporte aux élections de mai 1936. Grèves de la joie, gouvernement socialiste de Léon Blum, puis Chautemps, accords Matignon (augmentation des salaires, semaine de 40 heures, congés payés de 15 jours). L’été 36 est beau.

Les commentaires sont allégés, les coupes signalées (…) Retrouvez l’intégralité dans nos Chroniques de l’Histoire en citations.

Pain. Paix. Liberté.2676

Léon BLUM (1872-1950), slogan électoral du Front populaire, inspiré du mot d’ordre de Maurice THOREZ (1900-1964), 13 novembre 1934

Le Socialisme selon Léon Blum (2003), David Frapet.

Les élections (26 avril et 3 mai 1936) amènent au pouvoir la coalition des communistes, socialistes et radicaux : 358 sièges (contre 222). Léon Blum prend la tête du gouvernement que les communistes soutiennent, sans participer.

C’est le premier ministère où les femmes trouvent place (sur les strapontins de sous-secrétaires d’État) : Irène Joliot-Curie (physicienne, chimiste, prix Nobel partagé avec son mari) à la Recherche scientifique, Suzanne Brunschwig (présidente de l’Union pour le suffrage des femmes) à l’Éducation nationale, Suzanne Lacore (institutrice) à l’Enfance (…)

« Les banques, je les ferme, les banquiers, je les enferme. »2677

Vincent AURIOL (1884-1966), ministre des Finances, Front Populaire, 1936. Histoire vivante du Front populaire, 1934-1939 (1966), Jean Grandmougin

Avocat et expert financier de la SFIO, avant de devenir caution bourgeoise sous la prochaine république, Vincent Auriol apparaît à nombre de Français comme un parangon de la révolution, en 1936.

Au lendemain de la victoire des gauches unies se déclenche, par génération spontanée plus que par mouvement organisé, une vague nationale de grèves qui se propage (…) Sans consignes syndicales, le but des grévistes est d’obtenir sans délai les avantages sociaux promis par le Front populaire.

« Il s’agit, après avoir toujours plié, tout subi, tout encaissé en silence, d’oser enfin se redresser. Se tenir debout. Prendre la parole à son tour. Se sentir des hommes pendant quelques jours… Cette grève est en elle-même une joie. »2678

Simone WEIL (1909-1943), La Révolution prolétarienne, 10 juin 1936. Histoire de la Troisième République, volume VI (1963), Jacques Chastenet

Agrégée de philosophie, ouvrière chez Renault un an avant, pour être au contact du réel, elle écrit son article sous le pseudonyme de Simone Galois.

Passionnée de justice, mystique d’inspiration chrétienne quoique née juive, toujours contre la force et du côté des faibles, des vaincus et des opprimés, la jeune femme vibre à cette aventure (…)

« Vous comprenez, c’est comme s’ils [les ouvriers] avaient été au tombeau jusqu’à aujourd’hui. Ils ont soulevé la pierre tombale et ils voient enfin la lumière. »2679

Témoignage d’un dirigeant de la CGT. Histoire de la France : les temps nouveaux, de 1852 à nos jours (1971), Georges Duby

D’innombrables témoignages concordent, sur ces « grèves de la joie » : mai 36, comme Mai 68, c’est une fête. En juin, plus de 12 000 grèves toucheront près de 2 millions d’ouvriers – le secteur public ne sera cependant pas concerné.

« Il faut savoir terminer une grève. »2680

Maurice THOREZ (1900-1964), secrétaire général du PCF, Déclaration du 11 juin 1936. Le Front populaire en France (1996), Serge Wolikow

Le lendemain débute la semaine des accords Matignon (signés le 18 juin) entre représentants du patronat français et de la CGT. S’ajouteront diverses mesures imposées par le gouvernement Blum au Parlement.

En résumé, reconnaissance du droit syndical, institution de contrats collectifs de travail, de délégués du personnel ; et semaine de quarante heures, congés payés de deux semaines, augmentation de salaires de 7 à 15 % (…)

« Il est revenu un espoir, un goût du travail, un goût de la vie. »2681

Léon BLUM (1872-1950), constat du chef du gouvernement, 31 décembre 1936. Histoire de la France : les temps nouveaux, de 1852 à nos jours (1971), Georges Duby

« … La France a une autre mine et un autre air. Le sang coule plus vite dans un corps rajeuni. Tout fait sentir qu’en France, la condition humaine s’est relevée. »

Et Georges Duby confirme, dans son Histoire de la France : « Le Front populaire, ce n’est pas seulement un catalogue de lois ou une coalition parlementaire. C’est avant tout l’intrusion des masses dans la vie politique et l’éclosion chez elle d’une immense espérance […] Il y a une exaltation de 1936 faite de foi dans l’homme, de croyance au progrès, de retour à la nature, de fraternité et qu’on retrouve aussi bien dans les films de Renoir que dans ce roman de Malraux qui relate son aventure espagnole et justement s’appelle L’Espoir. »

Vous avez aimé ces citations commentées ?

Vous allez adorer notre Histoire en citations, de la Gaule à nos jours, en numérique ou en papier.

L'Histoire en citations -

L'Histoire en citations -

L'Histoire en citations -

L'Histoire en citations -

L'Histoire en citations -

L'Histoire en citations -

L'Histoire en citations -

L'Histoire en citations -

L'Histoire en citations -

L'Histoire en citations -

Partager cet article

L'Histoire en citations - Gaule et Moyen Âge

L'Histoire en citations - Renaissance et guerres de Religion, Naissance de la monarchie absolue

L'Histoire en citations - Siècle de Louis XIV

L'Histoire en citations - Siècle des Lumières

L'Histoire en citations - Révolution

L'Histoire en citations - Directoire, Consulat et Empire

L'Histoire en citations - Restauration, Monarchie de Juillet, Deuxième République

L'Histoire en citations - Second Empire et Troisième République

L'Histoire en citations - Seconde Guerre mondiale et Quatrième République

L'Histoire en citations - Cinquième République

L'Histoire en citations - Dictionnaire