Pétain : « Courage ! On les aura ! » | L’Histoire en citations
Pétain Courage On les aura
Citation du jour

« Courage ! On les aura ! »2597

Philippe PÉTAIN (1856-1951), derniers mots de l’Ordre du jour rédigé le 10 avril 1916

Verdun, 1914-1918 (1996), Alain Denizot.

Ce n’est pas sans mal et sans morts que Pétain va défendre Verdun, en 1916 !

Auparavant, il réorganise le commandement et le ravitaillement des troupes par la Voie sacrée (qui relie Verdun à Bar-le-Duc). Il redonne confiance aux poilus, impose que les troupes soient périodiquement remplacées - système du « tourniquet », en vertu de quoi 70 % de l’armée française a « fait » Verdun.

« Verdun est le cœur de la France. »2595

GUILLAUME II (1859-1941), empereur d’Allemagne, 14 février 1916

L’Épopée de Verdun, 1917 (1917), Gaston Jollivet

Pourquoi, Verdun ? Raisons tactiques, stratégiques, logistiques, politiques et psychologiques. La prise de Verdun, ce serait l’effondrement du moral de l’armée : « Verdun n’est pas seulement la grande forteresse de l’Est destinée à barrer la route à l’invasion, c’est le boulevard moral de la France », dira le maréchal Pétain.

« Ils ne passeront pas. »2596

Défi des Français face aux Allemands

Verdun 1916 (2006), Malcolm Brown

L’offensive allemande sur Verdun, menée par le fils aîné du Kaiser Guillaume II, commence le 21 février 1916. Ses canons et mortiers sont très supérieurs aux nôtres, il a l’initiative, le premier choc est terrible – un déluge de feu – et le fort de Douaumont est pris par surprise. Mais Joffre réagit, fait appel à Pétain, la percée allemande échoue, et l’on se retrouve face à face, dans une guerre d’usure.

Dix mois de batailles de tranchées. Chaque unité perdra plus de la moitié de ses effectifs – 162 000 morts et 216 000 blessés, côté français. La saignée est comparable, chez l’ennemi. Dans l’« enfer de Verdun », la résistance française devient aux yeux du monde un exemple d’héroïsme, une page de l’Histoire et un symbole pour des générations. C’est aussi un tournant dans ce premier conflit mondial : industrialisation très poussée, technologie toujours plus meurtrière, avec obus et canons, lance-flammes et gaz asphyxiants.

« Ceux qu’ont l’pognon, ceux-là r’viendront,
Car c’est pour eux qu’on crève.
Mais c’est fini, car les trouffions
Vont tous se mettre en grève… »2599

La Chanson de Craonne, printemps 1917

La Chanson en son temps : de Béranger au juke-box (1969), Georges Coulonges

Chanson anonyme, interdite pour son antimilitarisme, elle dit les souffrances des soldats révoltés contre les attaques inutiles et meurtrières lancées par des chefs comme Nivelle. « Ce s’ra votre tour, messieurs les gros, / De monter sur l’plateau, / Car si vous voulez la guerre, / Payez-la de votre peau ! »

Craonne, chef-lieu de canton de l’Aisne, voit la tragédie du Chemin des Dames : 30 000 morts en deux semaines d’avril 1917. La « grève des attaques » commence le 2 mai. La répression touche quelque 30 000 mutins ou manifestants : 3 427 condamnations, dont 554 à mort et 57 exécutions.

Pétain reprend le commandement en chef à Nivelle, limogé le 15 mai. Fin des offensives inutiles, dès le 19.

« L’artillerie conquiert, l’infanterie occupe. »2600

Général PÉTAIN (1856-1851)

1914-1918 : la Grande Guerre, vécue, racontée, illustrée par les combattants (1922), publié sous la direction de Christian-Frogé

Cette conception tactique, nouvelle et défensive, condamne la stratégie des offensives incessantes, devenues insupportables. Pour attaquer, il faut attendre d’avoir les moyens – surtout en artillerie lourde. Et Pétain oblige les officiers à se préoccuper davantage du confort des soldats.

En mai 1917, comme en février 1916, le « vainqueur de Verdun » restaure l’armée française. Dans l’entre-deux-guerres, Pétain sera une légende vivante.

« La Fayette, nous voici ! »2602

Colonel Charles E. STANTON (1859-1933), Cimetière de Picpus (Paris), 4 juillet 1917. Également attribué au général PERSHING (1860-1948)

Le président Wilson, élu en 1912, réélu en 1916, est un neutraliste convaincu. Le peuple américain aussi, partagé entre une population anglo-saxonne favorable à l’Entente (France et Angleterre), des immigrés d’origine allemande ou irlandaise qui sont contre, et d’autres, juifs et polonais, qui espèrent la défaite de la Russie.

Le Congrès américain votera enfin la guerre contre les Empires centraux et l’Amérique viendra au secours de la France, se rappelant sa dette historique, lors de sa guerre d’Indépendance à la fin du XVIIIe s.

La Première Guerre Mondiale en citations :

Second Empire et IIIe République

 

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