Pétain : « J’ai été avec vous dans les jours glorieux. Chef du gouvernement, je suis et je resterai avec vous dans les jours sombres. » | L’Histoire en citations
Citation du jour

 Seconde Guerre Mondiale citationsSeconde guerre mondiale (1939-1945).

La France est déchirée entre deux voix (et deux voies), de Gaulle qui continue le combat en Angleterre et Pétain, l’homme de l’autre France, nostalgique du passé. La France « profonde » et rurale est majoritairement pétainiste en 1940.

Les commentaires sont allégés, les coupes signalées (…) Retrouvez l’intégralité dans nos Chroniques de l’Histoire en citations.

« J’ai été avec vous dans les jours glorieux. Chef du gouvernement, je suis et je resterai avec vous dans les jours sombres. Soyez à mes côtés. Le combat reste le même. Il s’agit de la France, de son sol, de ses fils. »2757

Maréchal PÉTAIN (1856-1951), Conclusion de l’appel lancé à la radio, 20 juin 1940

L’autre voix de la France parle aux Français, et cette radio-là est bien plus écoutée. Pétain dénonce les causes de la défaite et son constat n’est pas discutable : « Trop peu d’enfants, trop peu d’armes, trop peu d’alliés. » Tel un père sévère, le vieux maréchal fait aussi la morale : « Depuis la victoire [de 1918], l’esprit de jouissance l’a emporté sur l’esprit de sacrifice. On a revendiqué plus qu’on a servi. On a voulu épargner l’effort. » L’armistice sera signé le 22 juin (…)

« Je hais les mensonges qui vous ont fait tant de mal. La terre, elle, ne ment pas. Elle demeure votre recours. Elle est la Patrie elle-même. Un champ qui tombe en friche, c’est une portion de la France qui meurt. Une jachère de nouveau emblavée, c’est une portion de France qui renaît. »2760

Maréchal PÉTAIN (1856-1951), Discours du 25 juin 1940

En même temps qu’il annonce l’armistice prenant effet ce jour, Pétain commence à poser les bases d’un « ordre nouveau ». Le 5 juillet, 25 sénateurs anciens combattants lui adressent une motion où ils « saluent avec émotion et fierté leur chef vénéré, le maréchal Pétain qui, en des heures tragiquement douloureuses, a fait don de sa personne au pays, lui apportent leur confiance pour […] préparer le terrain moral qui refera une France digne de leurs sacrifices. »

« Seul, le maréchal peut réaliser l’union de la France, c’est un drapeau, un drapeau un peu taché, un peu souillé, mais c’est un drapeau tout de même. »2765

Général WEYGAND (1867-1965), à Stanislas Mangin venu lui demander de se rallier aux Forces françaises libres (FFL), été 1940. Tout est bien (1989), Roger Stéphane

Weygand daubait sur « Vichy qui se roule dans la défaite comme un chien dans la merde ». Pourtant, pas question pour l’ex-chef d’état-major français de se rallier à un mouvement né et entretenu à l’étranger avec de Gaulle (…) Et Pétain rassure. Sa dictature teintée de paternalisme tend à refaire une France sur le modèle du passé, paysanne et chrétienne, dans un carcan corporatiste et hiérarchisé, avec appel aux valeurs traditionnelles : Travail, Famille, Patrie. « Maréchal, nous voilà… », chantent les enfants des écoles.

« Puisque ceux qui avaient le devoir de manier l’épée de la France l’ont laissé tomber brisée, moi, j’ai ramassé le tronçon du glaive. »2766

Charles de GAULLE (1890-1970), Allocution à la BBC, 13 juillet 1940

Encore un discours à la radio – puissant moyen de communication, avant la télévision que de Gaulle, président de la République, utilisera avec un art consommé de la médiatisation. Le chef de la France libre commence à être entendu. Le lendemain, 14 juillet (…) première manifestation officielle et symbolique, le général de Gaulle passe en revue 800 soldats. Ses effectifs sont alors d’environ 3 000 hommes.

« La France a perdu une bataille ! Mais la France n’a pas perdu la guerre ! »2767

Charles de GAULLE (1890-1970), Affiche placardée sur les murs de Londres le 3 août 1940

(…) Tirée à 1 000 exemplaires, l’affiche est placardée sur les murs de Londres et des grandes villes anglaises. Le slogan, surmonté de deux petits drapeaux croisés, devient célèbre. Saint-Exupéry, dans ses Écrits de guerre, se permet de rectifier : « Dites la vérité, Général, la France a perdu la guerre. Mais ses alliés la gagneront. »

« Il y a un pacte vingt fois séculaire entre la grandeur de la France et la liberté du monde. »2775

Charles de GAULLE (1890-1970), Discours du 1er mars 1941 à la Réunion des Français de Grande-Bretagne

La grande salle du Kingsway Hall à Londres accueille cette importante manifestation où le général parle à 3 000 Français : « Le vieux peuple que nous sommes a assez vécu pour savoir qu’il est un champion dont les hommes libres ne se passent pas. » Orateur né, mais travaillant ses discours, doué d’un sens du verbe et du jeu qui feront merveille quelle que soit la tribune, à la radio comme plus tard à la télévision, ou s’adressant en direct aux foules, de Gaulle possède assurément l’art de faire passer ses messages (…)

« M. le Maréchal, voici cette France entre vos bras, qui n’a que vous et qui ressuscite à voix basse […] France, écoute ce vieil homme, sur toi qui se penche et qui te parle comme un père. Fille de Saint Louis, écoute-le. »2777

Paul CLAUDEL (1868-1955), Paroles au Maréchal, Le Figaro, 10 mai 1941

(…) Claudel s’est converti au catholicisme, touché par la grâce, aux vêpres de Noël 1886 (…) Quant au Maréchal, c’est un fait avéré : la France de 1941 reste en majorité pétainiste, de façon plus ou moins convaincue, contrainte, affichée, résignée, pratique, idéologique, naïve.

« Maréchal, nous voilà !
Devant toi, le sauveur de la France !
Nous jurons, nous tes gars
De servir et de suivre tes pas !
Maréchal, vous voilà !
Tu nous as redonné l’espérance ! »2778

André MONTAGNARD (1887-1963), paroles, et Charles COURTIOUX (1880-1946), musique, Maréchal, nous voilà, chanson

Chanson témoin d’une époque et reflet d’un régime, on la fait chanter aux enfants des écoles et elle passe quotidiennement à la radio, interprétée par André Dassary, ce qu’on lui reprochera plus tard. La « collaboration » des artistes sous l’Occupation est un phénomène complexe : la plupart, auteurs, acteurs, chanteurs, réalisateurs, font un métier qu’ils aiment, avant d’aimer les Allemands.

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