Proudhon : « Nous ne comprenons pas plus une femme législatrice qu'un homme nourrice. » | L’Histoire en citations
Proudhon « Nous ne comprenons pas plus une femme législatrice qu'un homme nourrice. »
Citation du jour

 

Le XIXe siècle, misogyne et phallocrate, bat tous les records de sexisme, apparenté à une forme de racisme : l’homme est naturellement supérieur à la femme. La condition féminine est le reflet de cet état d’esprit. Tout va changer au siècle suivant, sauf que l’homme ne change pas…

« Nous ne comprenons pas plus une femme législatrice qu’un homme nourrice. »2197

Pierre Joseph PROUDHON (1809-1865), Le Peuple, mai 1849

Dictionnaire de la bêtise et des erreurs de jugement (1998), Guy Bechtel et Jean-Claude Carrière.

Seconde République. Et c’est le créateur du socialisme à la française qui s’exprime !

Il écrit aussi, en janvier 1849, dans L’Opinion des femmes : « La femme ne peut être que ménagère ou courtisane. » Proudhon s’inscrit dans la logique de son temps et de cette brève République : « Nous ne savons si, en fait d’aberrations étranges, le siècle où nous sommes est appelé à voir se réaliser à quelque degré celle-ci : l’émancipation des femmes. Nous croyons que non. » (La Liberté, 15 avril 1848).

« Une femme qui voterait les lois, discuterait le budget, administrerait les deniers publics, ne pourrait être qu’un homme. »2081

Charles NODIER (1780-1844), L’Europe littéraire (mars 1832)

Monarchie de Juillet. Pionnier du mouvement romantique en France, héritier des Lumières et amoureux des auteurs de la Renaissance, Nodier ne peut être classé comme un réactionnaire, pas plus que Proudhon ! C’est seulement un homme de son temps – le XIXe s est considéré aujourd’hui comme particulièrement misogyne, ou phallocrate, ou l’un et l’autre, à vous de juger.

« Naturellement, et par une de ces lois providentielles où le droit et le fait se confondent, le droit de suffrage n’appartient pas aux femmes. La Providence a voué les femmes à l’existence domestique. »2124

François GUIZOT (1787-1874), La Démocratie pacifique, 10 janvier 1847

Monarchie de Juillet. Ce mot du ministre de la droite chrétienne, conservatrice et réactionnaire, fera le bonheur des histoires du féminisme et des dictionnaires de la misogynie. Il faut pourtant le resituer dans son époque et rappeler à quel point ce siècle est dur au sexe faible, avec son Code civil, sa mode du corset qui coupe le souffle aux femmes du monde (d’où les évanouissements pas toujours feints !) et le travail aux champs comme à l’usine, qui épuise les femmes du peuple (et les enfants).

« C’est l’absence des femmes qui permet aux hommes d’aborder journellement les questions sérieuses. »2196

Louis-Napoléon BONAPARTE (1808-1873), Améliorations à introduire dans nos mœurs et nos habitudes parlementaires (1856)

Second Empire. Parler de misogynie serait pécher par anachronisme. À l’époque, même une féministe comme George Sand repousse l’idée de la femme entrant en politique. Il faut attendre encore un siècle, et le préambule de la Constitution de 1946, pour que soit reconnu en France le principe de l’égalité des droits entre hommes et femmes dans tous les domaines - y compris le vote et l’éligibilité.

« Qui gardera les enfants ? »3399

Laurent FABIUS (né en 1946), apprenant la déclaration de candidature de Ségolène Royal

Le Féminisme à l’épreuve des mutations géopolitiques : Congrès international (2012), Françoise Picq, Martine Storti

29 septembre 2006 à Vitrolles. Celle qu’on appelle simplement Ségolène se présente à l’investiture socialiste en vue des présidentielles. Avec son compagnon François Hollande, Premier secrétaire du PS, elle a quatre enfants, dont la dernière a 13 ans. Fabius est lui aussi candidat et son humour pèche un peu par sexisme.

Rien de tout cela n’a empêché Madame Royal d’être quatre fois ministre entre 1992 et 2002, députée en 1988, seule femme à présider un conseil régional (Poitou-Charente) et ministre (de l’Environnement) depuis 2014. Mais pas encore de femme présidente de la République, en France.

Restauration, Monarchie de Juillet, Deuxième République

 

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