« Quel dommage que je n’aie pas été blessé, j’aurais pu faire grâce ! » | L’Histoire en citations
Louis Philippe Quel dommage que je n’aie pas été blessé, j’aurais pu faire grâce
Citation du jour

« Quel dommage que je n’aie pas été blessé, j’aurais pu faire grâce ! »2086

LOUIS-PHILIPPE (1773-1850), après l’attentat de Fieschi, 28 juillet 1835

Le Roi Louis-Philippe, vie anecdotique (1891), marquis de Flers.

Autrement dit, une occasion manquée de remonter sa cote de popularité avec ce droit de grâce régalien, prérogative du souverain sous l’Ancien régime et du président sous nos Républiques.

Giuseppe Fieschi, condamné pour vol et escroquerie en Corse, vint à Paris et fut un temps agent secret de la police. Poussé par les républicains, il prépare un attentat contre le roi – le régicide est un grand classique de l’histoire de France, Henri III et Henri IV y ont laissé leur vie.

Le jour où Louis-Philippe se rend à la Bastille pour fêter sa révolution - les Trois Glorieuses de juillet 1830 qui ont engendré la Monarchie de Juillet -,  la « machine infernale » (bombe) éclate et fait 18 morts (dont le maréchal Mortier), mais le roi et sa famille ne sont pas touchés. Le parti de la Résistance, sous l’impulsion de Thiers, ne va pas rater l’occasion : lois répressives de septembre 1835 contre les délits de presse et la propagande anticonstitutionnelle. C’est la fin de la politique libérale et le véritable tournant du régime.

« Grâce encore une fois ! Grâce au nom de la tombe,
Grâce au nom du berceau. »2099

Victor HUGO (1802-1885), « Au roi Louis-Philippe, après l’arrêt de mort prononcé le 12 juillet 1839. »

Les Rayons et les ombres (1840), Victor Hugo

Toute sa vie, le poète fut l’un des plus fervents adversaires de la peine de mort, quelles que soient les circonstances, politiques ou autres.

Le 12 mai, un coup d’État est organisé (fort mal) par la société secrète des Saisons. Son but : faire tomber la Monarchie de Juillet et instaurer une république sociale. L’idéologie néojacobine renvoie à Robespierre, Buonarotti et Babeuf, extrême gauche de la Révolution.

Barbès, Blanqui et Bernard sont les trois meneurs. Entraînant des centaines de partisans, ils partent à l’assaut de la préfecture de police et de l’Hôtel de Ville. La garde nationale et l’armée écrasent l’insurrection, le 13 mai : plus de 100 morts, dont 28 militaires, autant de blessés (dont Barbès). La plupart des conjurés sont arrêtés, Blanqui est en fuite.

Au terme du procès, Barbès est condamné à mort, le 12 juillet. Hugo intervient le jour même et Paris manifeste le lendemain en sa faveur. Le 14 juillet, la peine est commuée en travaux forcés à perpétuité grâce à ces interventions, et à un heureux événement : la duchesse d’Orléans, femme du fils aîné et très aimé du roi, vient de lui donner un petit-fils. Le « berceau » a sauvé Barbès qui fera une longue carrière de révolutionnaire, avant de donner son nom à une station de métro parisien.

République« Ô République au front d’airain !
Ta justice doit être lasse :
Au nom du peuple souverain,
Pour la première fois, fais grâce ! »2175

Pierre DUPONT (1821-1870), Les Journées de Juin (1848), chanson

Histoire de la Littérature Française depuis le XVIe siècle jusqu’à nos jours (1897), Frédéric Godefroy

Seconde République et nouvelles journées d’émeute : la fermeture des Ateliers nationaux jette sur le pavé parisien 110 000 travailleurs au chômage (et sans ressource à l’époque). Le chansonnier politique qui a nettement le cœur à gauche plaide pour la conciliation devenue impossible. Les représailles ont suivi les combats.

Bilan humain des journées de juin : plus de 4 000 morts chez les insurgés, 1 600 parmi les forces de l’ordre (armée et garde nationale). Et 3 000 prisonniers ou déportés en Algérie. Bilan politique : rupture consommée entre la gauche populaire, prolétaire et socialiste (active à Paris, très minoritaire dans le pays) et la droite conservatrice à laquelle vont peu à peu se joindre les républicains modérés, pour former le parti de l’Ordre.

« Dans les lettres, comme en tout, le talent est un titre de responsabilité. »2821

Charles de GAULLE (1890-1970), refusant la grâce de Robert Brasillach

Mémoires de Guerre, tome III, Le Salut, 1944-1946 (1959), Charles de Gaulle

Sur 2 071 recours présentés, de Gaulle en acceptera 1 303. Brasillach demeure aujourd’hui encore l’un des plus connus parmi les « victimes de l’Épuration ».

Jeune romancier de talent et d’autant plus influent, intellectuel séduit dans les années 30 par le fascisme et la pensée de Maurras qui le rejettera ensuite, il est condamné à mort pour intelligence avec les Allemands. Ses convictions hitlériennes ne font aucun doute et son journal (Je suis partout) en témoigne abondamment, en des termes d’une violence à la Céline. Sa haine du Front populaire et de la République va de pair avec celle des juifs, notamment ceux au pouvoir, comme Léon Blum et Georges Mandel (né Rothschild), ex ministre et député, dont il demande régulièrement la mise à mort et qui sera assassiné par la Milice française, en juillet 1944.

Le procès est bâclé, de nombreux confrères tentent de le sauver. Mais le PC veut la tête de l’homme responsable de la mort de nombreux camarades et de Gaulle ne lui pardonne pas celle de Mandel, grand résistant. Brasillach, 35 ans, sera fusillé au fort de Montrouge, le 6 février 1945.

Restauration, Monarchie de Juillet, Deuxième République

 

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