Villars : « Sire, je vais combattre les ennemis de Votre Majesté, et je vous laisse au milieu des miens. » | L’Histoire en citations
Chronique du jour

 

Siècle de Louis XIV.
La terrible guerre de Succession d’Espagne.

L’Europe se coalise une dernière fois contre la France quand l’un des petits-fils de Louis XIV, le duc d’Anjou, devient roi d’Espagne (1701). C’est la guerre de Succession d’Espagne, aggravée par le Grand Hiver de sinistre mémoire, la même année que la sanglante bataille de Malplaquet (1709).

Les commentaires sont allégés, les coupes signalées (…) Retrouvez l’intégralité dans nos Chroniques de l’Histoire en citations.

« Sire, je vais combattre les ennemis de Votre Majesté, et je vous laisse au milieu des miens. »926

Maréchal de VILLARS (1653-1734) en 1702

Le Siècle de Louis XIV (1751), Voltaire.

Il s’adresse au roi et devant toute la cour, prenant congé pour aller commander l’armée. Turenne et Condé sont morts. Le maréchal de Luxembourg aussi. Vauban va être injustement disgracié (pour son projet fiscal de dîme royale). Villars est leur égal (…) Première grande victoire, Friedlingen, en 1702 : ses soldats l’appellent « Maréchal », le roi confirme le titre (…)

« Pas un de ces scélérats n’a demandé quartier, ils se sont laissé tuer avec une férocité extraordinaire. »927

Nicolas de LAMOIGNON de BASVILLE (1648-1724), avril 1704. Mémoires sur la guerre des Camisards (1979), Jean Cavalier

Ainsi se défendent les Camisards, d’après le témoignage de l’intendant du Languedoc, chargé de la répression. Saint-Simon, dans ses Mémoires, le voit comme un roi et tyran solitaire et cruel, d’autres parlent d’un zélé serviteur du roi de France. Depuis bientôt deux ans, cette révolte intérieure complique la situation en France : la Provence protestante a pris feu (…)

« Quelle grâce […] de faire par pure vertu ce que tant d’autres femmes font sans mérite et par passion ! »928

Paul GODET des MARAIS (1647-1709), évêque de Chartres et directeur spirituel de la Maison de Saint-Cyr, confesseur de Mme de Maintenon, à sa pénitente. Lettres à Madame de Maintenon (éditées en 1778)

Épouse morganatique du roi, elle se plaint en 1704 de ce qu’il « lui donne le bonsoir » jusqu’à deux fois par nuit : elle a 70 ans, et lui 66 (…) Il garde un bien grand appétit de vie – malgré l’opération d’une fistule anale (novembre 1686), première d’une série d’interventions (…) Il continuera de chasser, manger, aimer, régner jusqu’à l’extrême limite de ses forces.

« Ah ! que votre âme est abusée
Dans le choix de tous les guerriers.
Faut-il qu’une vieille édentée
Fasse flétrir tous vos lauriers ? »929

Contre Maintenon, chanson (…)

L’influence de cette femme de tête sur le roi vieillissant fait jaser. Le peuple épuisé, ruiné, lassé d’une gloire dont il voit les faiblesses, prend cette femme pour bouc émissaire. Cependant que la guerre de Succession d’Espagne tourne au drame, avec des troupes moins combatives, sous des chefs militaires aussi médiocres que La Feuillade, Marcin, Villeroi.

« Ne blâmons pas Villeroy,
Il fut choisi par le Roy ;
Mais blâmons tous ce grand prince
Qui sut faire un choix si mince. »930

Sur le maréchal de Villeroy, chanson. Histoire de France par les chansons (1982), France Vernillat, Pierre Barbier

L’opinion évolue : si tout va mal, le responsable en est le roi. Cette accusation directe est signe de temps nouveaux (…) Villeroi (ou Villeroy), maréchal de France, fils du gouverneur de Louis XIV, resta toujours son ami. Il remplace le prestigieux maréchal de Luxembourg à la tête des armées et ne cesse d’accumuler les défaites (…)

« Tant que la levée des revenus [de l’État] s’exigera par des voies arbitraires, il est impossible que les peuples ne soient exposés à un pillage universel répandu par le royaume. »931

VAUBAN (1633-1707), Projet d’une dîme royale (1707)

Pour y remédier, l’auteur propose un nouvel impôt : « La dîme royale délivrerait (le peuple) tout d’un coup de toutes les vexations et avanies des collecteurs, des receveurs des tailles et de leurs suppôts. » L’ouvrage est interdit, et Vauban meurt en 1707, maréchal de France, mais tombé en disgrâce (…)

« L’État n’a-t-il pas subsisté des siècles entiers sans avoir cette ville [Lille], ni même Arras et Cambrai ? »932

LOUIS DE FRANCE, duc de Bourgogne (1682-1712). Histoire de la France : dynasties et révolutions, de 1348 à 1852 (1971), Georges Duby

(…) Le jeune prince parle ici moins en petit-fils de Louis XIV qu’en élève de Fénelon, ennemi de toute guerre. Fils aîné du Dauphin (…), il est entouré d’un groupe d’aristocrates qui mettent en lui tous leurs espoirs et critiquent vivement la politique étrangère de Louis XIV, ainsi que son absolutisme.

« Pour donner du pain aux brigades que je fais marcher, je fais jeûner celles qui restent. »933

Maréchal de VILLARS (1653-1734), 1709. Mémoires du maréchal de Villars (posthume, 1904)

1709. Année terrible. La guerre tourne au désastre après la prise de Lille (1708), le territoire est menacé. Pire encore, le Grand Hiver est une catastrophe nationale qui hantera les mémoires (…) Rappelons le témoignage toujours cité : « (…) Les enfants de quatre à cinq ans, auxquels les mères ne peuvent donner de pain, se nourrissent dans les prairies comme des moutons. » (…)

« Louis, avec sa charmante,
Enfermé dans Trianon,
Sur la misère présente,
Se lamente sur ce ton :
Et allons, ma tourlourette
Et allons, ma tourlouron. »934

Louis avec sa charmante, chanson. Le Nouveau Siècle de Louis XIV ou Choix de chansons historiques et satiriques (1857), Gustave Brunet

La crise économique et sociale ronge le pays, et même à la cour, les marchands exigent d’être payés comptant, pour livrer au roi le linge à son usage personnel. Louis XIV, très éprouvé, trouve un réconfort moral auprès de Mme de Maintenon, mais il est de plus en plus conscient de la gravité de la situation (…)

« Jamais malheur n’a été accompagné de plus de gloire. »935

Maréchal de VILLARS (1653-1734), Lettre à Louis XIV au soir de Malplaquet, 11 septembre 1709 (…)

La plus sanglante bataille du siècle de Louis XIV : 30 000 morts. Villars affronte le duc de Marlborough et le prince Eugène de Savoie, dans la trouée de Malplaquet (près de Mons, en Belgique). Villars est blessé, mais les troupes royales, inférieures en nombre, ont infligé de lourdes pertes aux Impériaux - la chanson populaire met Marlborough parmi les morts, il est seulement blessé.

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