Pie XI : « Spirituellement, nous sommes des Sémites. » | L’Histoire en citations
Chronique du jour

 

Entre-deux-guerres

Le pacifisme et ses contradictions

Le pacifisme viscéral est avant tout celui du pays, de l’opinion publique. Ce sentiment né de la dernière guerre, des hécatombes qui ont touché la plupart des familles, est l’une des raisons de l’effondrement de la diplomatie française, dans l’entre-deux-guerres. Ce pacifisme cherche à tout prix la paix, quitte à admettre le nazisme et son antisémitisme pourtant condamné par le pape Pie XI.

Les commentaires sont allégés, les coupes signalées (…) Retrouvez l’intégralité dans nos Chroniques de l’Histoire en citations.

« Spirituellement, nous sommes des Sémites. »2689

PIE XI (1857-1939), 6 septembre 1938

Dialoguer pour ne pas mourir (1998), Jean-Marie Roger Tillard.

« L’antisémitisme est inadmissible. » Mot fameux du 259e pape de l’histoire, qui mit le journal (notoirement antisémite) de l’Action Française à l’Index (dès 1926). Plus généralement, il condamne tous les excès de cette entre-deux-guerres : ceux du fascisme (dès 1931) et du bolchevisme comme du nazisme (en 1937).

L’encyclique Mit brennender Sorge (« Avec une vive inquiétude ») s’adresse directement aux Allemands et en allemand, pour attaquer le racisme, le mythe du sang et celui de la terre (…)

« Il y a des guerres justes. Il n’y a pas d’armée juste. »2690

André MALRAUX (1901-1976), L’Espoir (1937)

(…) Bien des années après, l’ancien combattant de la guerre civile d’Espagne dit qu’elle a été la dernière « guerre juste » de notre temps, une des raisons de l’« espoir » étant cet afflux de volontaires de tous pays (estimés à 40 000 hommes), unis pour une juste cause, dans la fraternité confiante des brigades internationales. Comme le dit un anarchiste de L’Espoir, « le courage aussi est une patrie ».

« Le fascisme, c’est la guerre. La lutte contre le fascisme, c’était la lutte contre la guerre. »2691

Maurice THOREZ (1900-1964), Fils du peuple (1937)

La gauche est prise à un piège terrible, s’étant unie « contre le fascisme et la guerre », dans une contradiction qui va bientôt éclater. La lutte contre le fascisme impliquait la guerre, alors que la défense de la paix admettait le fascisme.

« Les communistes disent toujours de leurs ennemis qu’ils sont des fascistes. »2692

André MALRAUX (1901-1976), L’Espoir (1937)

Malraux ne sera jamais au nombre des inconditionnels du communisme, comme tant d’intellectuels de son temps. Il est surtout du côté de l’homme aux prises avec l’Histoire et se détournera bientôt de l’idéologie révolutionnaire, plus soucieux de construire un humanisme moderne.

« Le temps du monde fini commence. »2693

Paul VALÉRY (1871-1945), inscription au fronton du Palais de Chaillot en 1937. Regards sur le monde actuel (1931), Paul Valéry

Nommé en 1937 professeur au Collège de France – un honneur entre tant d’autres – ce « poète d’État » est chargé la même année des inscriptions qui ornent le nouveau Palais de Chaillot, ouvert pour l’Exposition internationale « Arts et Techniques dans la vie moderne », et renfermant, outre un théâtre, trois musées (des Monuments français, de la Marine et de l’Homme). Cette réflexion sur le destin de notre civilisation et le devenir de la science figure en bonne place sur le fronton.

« Le nationalisme […] quel chemin il a fait […] Les puissants maîtres de l’or et de l’opinion universelle l’ont vite arraché aux mains des philosophes et des poètes. Ma Lorraine ! ma Provence ! ma Terre ! mes Morts ! Ils disaient : mes phosphates, mes pétroles, mon fer. »2694

Georges BERNANOS (1888-1948), Les Grands Cimetières sous la lune (1938)

Catholique lorrain né à Paris et monarchiste militant à l’Action française avant la guerre de 1914, réformé, engagé volontaire pour la guerre dans les tranchées, Bernanos connaît un grand succès de romancier, tout en dénonçant La Grande Peur des bien-pensants (1930), c’est-à-dire la faillite de la bourgeoisie française (…)

Nous ferons la paix […] avec le diable s’il le faut.2695

Slogan des pacifistes. Notre Front populaire (1977), Claude Jamet

On trouve des pacifistes dans les partis de gauche comme de droite, et les responsabilités sont aussi bien dans l’état-major qu’au gouvernement, avant, pendant et après le Front populaire (…)

« [La bourgeoisie] ne voulait de la guerre en aucun cas, et elle n’avait pas peur de Hitler, parce que toute sa capacité de peur était accaparée par le Front populaire, et surtout par le communisme. »2696

Léon BLUM (1872-1950), À l’échelle humaine (1945)

Cette analyse qui date de 1941 donne une autre explication du pacifisme.

La bourgeoisie accable le gouvernement de Front populaire, également critiqué sur sa gauche par les communistes, quand des difficultés financières et des troubles sociaux obligent à faire une pause dans les réformes. Blum abandonne le gouvernement en juin 1937 (…)

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