« Tu n'auras rien, si ce n'est par la justice du sort. » | L’Histoire en citations
Chronique du jour

 

Chronique (481-987)

Clovis, premier roi mérovingien, né barbare et converti.

Clovis, descendant d’une lignée barbare, païen d’une brutalité aussi réelle que légendaire, se convertit à la nouvelle religion par opportunisme et se fait baptiser : vraie mise en scène du récit national, maintes fois représentée.

Il finit dans la peau d’un roi authentiquement chrétien, marié à une vraie sainte du calendrier (Clotilde). Les papes et les évêques vont désormais jouer un rôle historique.

Les commentaires sont allégés, les coupes signalées (…) Retrouvez l’intégralité dans nos Chroniques de l’Histoire en citations.

« Tu n’auras rien, si ce n’est par la justice du sort. »71

Un de ses soldats à Clovis, vers 486, après la bataille de Soissons

Histoire des Francs (première impression française au XVIe siècle), Grégoire de Tours.

(…) Clovis et ses guerriers pillent églises et couvents. Ils vont se partager le butin par tirage au sort (…) Clovis, réclame pour lui un vase sacré (…) le soldat lui lance cette impertinente réplique, ayant brisé l’objet précieux d’un coup de hache.

« Souviens-toi du vase de Soissons. »72

CLOVIS (vers 465-511), vers 486. Histoire des Francs, Grégoire de Tours

(…) il passe ses troupes en revue et reconnaît l’insolent. Lui reprochant la mauvaise tenue de ses armes, il jette au sol sa francisque. Le soldat se baissant pour la ramasser, Clovis lui brise le crâne d’un coup de hache.

« Il a été baptisé au nom de votre Christ. Il faudra donc qu’il meure, comme meurt tout ce qui est voué à ce malfaisant personnage. »73

CLOVIS (vers 465-511), à Clotilde. Sainte Clotilde (1905), Godefroy Kurth

Clovis a épousé Clotilde, nièce de Gondebaud le roi des Burgondes. Chrétienne, elle fait baptiser leur fils (…) L’enfant meurt bientôt, ce qui attire à la reine cette remarque de son époux, encore farouchement païen (…)

« Dieu de Clotilde, si tu me donnes la victoire, je me ferai chrétien. »74

CLOVIS (vers 465-511), invoquant le Dieu de sa femme chrétienne, bataille de Tolbiac, 496 (…)

Clovis s’apprête à repousser les Alamans (futurs Allemands). L’affrontement des deux armées tourne au massacre, et Clovis redoute la défaite. D’où ce mot lancé au Ciel (…)

« Quand tu combats, c’est à nous qu’est la victoire. »75

AVIT (vers 450-vers 518), à Clovis, à Tolbiac, 496. Histoire de France, tome I (1835), Jules Michelet

Par ces paroles, l’évêque de Vienne (futur saint) encourage Clovis, qui a promis de se faire baptiser s’il est vainqueur. En fait, c’est la mort du chef ennemi qui a provoqué la déroute inespérée des Alamans.

« Cesse de faire périr notre peuple, car nous sommes à toi. »76

Les Alamans à Clovis, Tolbiac, 496. Histoire des Francs, Grégoire de Tours

Après la bataille, les vaincus se rendent au vainqueur et demandent grâce (…)

« Courbe la tête, fier Sicambre, adore ce que tu as brûlé, brûle ce que tu as adoré. »77

RÉMI (vers 437-vers 533), à Clovis, 25 décembre 496. Histoire des Francs, Grégoire de Tours

Clovis, comme promis, va se faire chrétien, après la victoire de Tolbiac. 3 000 de ses hommes vont se convertir avec lui. Il est baptisé à Reims, comme tous les rois de France à sa suite (…) La religion va marquer l’histoire de France (…) jusqu’au XXe siècle.

« Tu crains le peuple, ô roi. Tu ignores donc qu’il doit suivre ta foi et que tu ne dois point te montrer favorable à ses faiblesses, car tu es le chef du peuple et le peuple n’est pas ton chef. »78

AVIT (vers 450-vers 518), à Gondebaud, roi des Burgondes. Histoire des Francs, Grégoire de Tours

L’évêque de Vienne s’adresse à l’oncle de Clotilde, femme de Clovis (…) Par crainte d’une révolte de ses sujets, il restera arien jusqu’à sa mort. Mais par la loi Gombette qui laisse la liberté du culte aux évêques, il manifesta sa faveur aux catholiques.

« Si on ne les élève pas sur le trône, j’aime mieux les voir morts que tondus. »79

GONDIOQUE (VIe siècle), à Arcadius, 532. Histoire des Francs, Grégoire de Tours

Par ces paroles, la mère condamne ses fils à mort. C’est le terme d’une longue histoire de famille (…) Ses frères morts sans héritier, Clotaire Ier se trouve en 558 à la tête du royaume franc réunifié. Mais quand il meurt en 561, le royaume est à nouveau disloqué et partagé entre ses quatre fils.

« Si quelqu’un de nous, ô roi, a voulu s’écarter des sentiers de la justice, il peut être corrigé par toi. Mais si tu y manques, qui te reprendra ? Car nous te parlons, et tu ne nous écoutes que si tu veux, mais, si tu ne le veux pas, qui te condamnera, si ce n’est celui qui a déclaré être lui-même la justice ? »80

GRÉGOIRE de TOURS (538-594), à Chilpéric Ier, roi de Neustrie, 576. Histoire des Francs, Grégoire de Tours

Le célèbre évêque de Tours s’adresse en ces termes au fils de Clotaire Ier (…) Grégoire n’hésite pas à critiquer les rois mérovingiens de son époque, les invitant souvent à s’inspirer du règne de Clovis. Rappelons qu’il finira saint (…)

« Si quelqu’un suit la justice, qu’il vive. Si quelqu’un méprise la loi et nos commandements, qu’il périsse, afin que le blâme encouru ne puisse rejaillir plus longtemps sur nous. »81

GONTRAN (525-593), roi de Bourgogne et d’Orléans, aux ducs et chefs de son armée, vers 587. Histoire des Francs, Grégoire de Tours

Le deuxième fils de Clotaire Ier veut en finir avec l’anarchie qui règne en ses États. Ce Mérovingien sera sanctifié après sa mort par les évêques de son royaume.

« Accourez, je vous prie, accourez, voilà ma maîtresse que sa mère étrangle. »82

Cris d’une servante de Rigonthe (vers 593). Histoire des Francs, Grégoire de Tours

(…) Bel exemple de la férocité propre à Frédégonde : elle fit assassiner, exécuter, supplicier un nombre considérable de personnes, notamment sa belle-sœur Brunehaut, qui périt attachée à la queue d’un cheval lancé au galop.

« C’est peu d’être roi quand d’autres le sont ; mais c’est beaucoup d’être catholique quand les autres ne participent pas à cet honneur. »83

GRÉGOIRE le Grand (vers 540-604), Lettre à Childebert II, vers 595. Histoire des Francs, Grégoire de Tours

Ces mots du pape à Childebert, fils de Brunehaut, roi d’Austrasie, témoignent de l’ingérence grandissante de la papauté dans les affaires des royaumes barbares.

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