Vergniaud : « Hommes de la Gironde, levez-vous ! […] Si vous développez une grande énergie, vous forcerez à la paix des hommes qui provoquent la guerre civile. » | L’Histoire en citations
Chronique du jour

 

Révolution

Convention nationale (suite)

La Convention est devenue Montagnarde et chaque département a sa guillotine.

Robespierre profite du climat insurrectionnel à Paris au printemps 1793 : une trentaine de députés girondins sont arrêtés le 2 juin, la province ne réagit pas, les Montagnards ont désormais le pouvoir. Les extrémistes triomphent, la guillotine est installée dans chaque département.

Madame Roland, égérie des Girondins, attend la mort en prison et s’illustre en véritable héroïne face au pouvoir.

Les commentaires sont allégés, les coupes signalées (…) Retrouvez l’intégralité dans nos Chroniques de l’Histoire en citations.

« Hommes de la Gironde, levez-vous ! […] Si vous développez une grande énergie, vous forcerez à la paix des hommes qui provoquent la guerre civile. »1501

Pierre Victurnien VERGNIAUD (1753-1793), appel au secours du 4 mai 1793 (…)

Marat est revenu plus fort qu’avant à l’Assemblée. Dans cette atmosphère sanglante, Vergniaud pressent le pire et demande soutien à son département (…) Ses Frères et Amis de Bordeaux vont envoyer des pétitionnaires à Paris, pour faire comprendre à l’Assemblée que la région ne supportera pas longtemps que ses députés soient persécutés (…) Menaces vagues qui ne servent à rien : les députés Girondins seront déjà à la merci des émeutiers parisiens.

« Celui qui a des culottes dorées est l’ennemi de tous les sans-culottes. Il n’existe que deux partis, celui des hommes corrompus et celui des hommes vertueux. »1502

ROBESPIERRE (1758-1794), au club des Jacobins, 8 mai 1793

Sans les nommer, l’Incorruptible dénonce les Girondins. Rappelons qu’ils sont issus de la même classe bourgeoise que les amis de Robespierre, lequel est toujours très élégamment vêtu. Ce manichéisme est donc simpliste, mais efficace. Il oppose les riches aux pauvres.

« Si jamais la Convention était avilie, si jamais par une de ces insurrections qui se renouvellent sans cesse, il arrivait qu’on portât atteinte à la représentation nationale, je vous le déclare au nom du peuple de la France entière, Paris serait anéanti ; bientôt on chercherait sur les rives de la Seine si Paris a existé. »1503

Maximin ISNARD (1755-1825), Déclaration à une délégation de la Commune de Paris, 25 mai 1793 (…)

Girondin, menacé, il menace à son tour. Ces mots, adressés à la délégation d’une Commune de Paris constituée d’extrémistes et devenue insurrectionnelle depuis le 10 août 1792, rappellent le Manifeste de Brunswick ! La déclaration d’Isnard se révélera aussi dangereusement maladroite.

« C’est quand toutes les lois sont violées, c’est quand le despotisme est à son comble, c’est quand on foule aux pieds la bonne foi et la pudeur que le peuple doit s’insurger. Ce moment est arrivé. »1504

ROBESPIERRE (1758-1794), au club des Jacobins, 26 mai 1793 (…)

Malade, il n’a pas assez de voix pour s’exprimer ce jour à la tribune de la Convention. Il rassemble ses forces pour se rendre aux Jacobins et s’expliquer en famille (…) Il n’espère plus pouvoir continuer la lutte sur le plan parlementaire, il appelle donc au combat, le peuple doit se soulever (…) Le lendemain, 27 mai, le peuple, représenté par les délégations des Sections, commence à envahir la Convention (…)

« Ne craignez rien des départements, je les connais : avec un peu de terreur et des instructions, nous tournerons les esprits à notre gré. »1505

Jean Henri HASSENFRATZ (1755-1827), propos rapportés par Lanjuinais à la Convention, 30 mai 1793

Autodidacte (charpentier), il réussit de brillantes études (physique, chimie), mais choisit d’entrer en politique avec la Révolution. Membre très écouté du club des Jacobins, il parle ici en meneur de la Commune de Paris et il ne voit que trop juste : la province ne bougera pas, à l’annonce de la proscription des Girondins. C’est lui qui demande leurs têtes, le 31 mai (…)

« Dis à ton f… président que je me f… de lui et de son Assemblée et que si dans une heure elle ne me livre pas les vingt-deux, je le fais foudroyer. »1506

François HANRIOT (1761-1794), à l’huissier de la Convention, 2 juin 1793. Les Origines de la France contemporaine (1878), Hippolyte Taine

Chef de la section des sans-culottes lors de l’émeute du 10 août et des massacres de septembre 1792, il a été promu commandant général provisoire de la garde nationale, en mai 1793. L’insurrection du 2 juin fut bien programmée, Marat y a veillé (…) Une foule de 80 000 hommes armés de 150 canons investit la Convention. Un cortège de députés sort pour parler à la foule et se heurte à Hanriot qui menace de faire tirer les canonniers (…)

« Nous voulons les traîtres ! À la guillotine, les Brissotins ! »1507

Cris des gardes nationaux, 2 juin 1793 (…)

La Convention est assiégée par les sections parisiennes de sans-culottes, encerclée par la garde nationale. Les députés, sortis pour adjurer les manifestants de rentrer dans leurs sections, renoncent. Ils reprennent place dans les travées de l’Assemblée, votent la mise en état d’arrestation de 29 des leurs (…) C’est le tournant de la Convention et de la Révolution.

« Oui, la Gironde était républicaine […] Oui, sa proscription a été un malheur. »1508

LAVASSEUR de la Sarthe (1747-1834), Mémoires (1830)

Ce député montagnard reconnaîtra l’évidence plus tard. Ajoutant pour sa défense que « c’est par un égarement de bonne foi » que la Montagne l’a consommé. Bilan : 29 députés et deux ministres girondins décrétés d’accusation (…) Les Montagnards ont les mains libres, ce sera bientôt la Terreur, la Grande Terreur, sous la dictature du Comité de salut public, dirigé par Robespierre.

« Croyez que le petit-bourgeois est le plus cruel ennemi des sans-culottes, parce qu’il est plus près d’eux. »1509

Journal de la Montagne, 13 juin 1793. La Lutte de classes sous la Première République (1946), D. Guérin

La presse révolutionnaire est là pour surchauffer les esprits et faire échec à une tentative de la Convention montagnarde, qui cherche à se concilier la bourgeoisie libérale – ainsi, la nouvelle Déclaration des droits de l’homme et du citoyen, votée le 24 juin, maintiendra le droit de propriété et la liberté économique.

« Le supplice que j’ai inventé est si doux qu’il n’y a vraiment que l’idée de la mort qui puisse le rendre désagréable. Aussi, si l’on ne s’attendait pas à mourir, on croirait n’avoir senti sur le cou qu’une légère et agréable fraîcheur. »1510

Joseph Ignace GUILLOTIN (1738-1814). Base de données des députés français depuis 1789, Assemblée nationale

Il parlait en poète, de la mécanique qu’en médecin et philanthrope il a fait adopter. Un décret du 13 juin 1793 installe dans chaque département un « appareil de justice ». Mais la guillotine est déjà très active à Paris, depuis le début de cette année.

« J’aime mieux mourir que d’être témoin de la ruine de mon pays ; je m’honorerai d’être comprise parmi les glorieuses victimes immolées à la rage du crime. »1511

Mme ROLAND (1754-1793), Mémoires (posthume, 1821)

En prison, elle écrit ses Mémoires (…), rédige son Projet de défense au Tribunal révolutionnaire. Mais elle ne se fait pas d’illusion : « Il est nécessaire que je périsse à mon tour, parce qu’il est dans les principes de la tyrannie de sacrifier ceux qu’elle a violemment opprimés et d’anéantir jusqu’aux témoins de ses excès. À ce double titre, vous me devez la mort et je l’attends. »

« Avez-vous fait un pacte avec la victoire ?
— Nous en avons fait un avec la mort. »1512

Claude BASIRE (1764-1794) à Louis-Sébastien MERCIER (1740-1814), Convention, 18 juin 1793 (…)

En discussion, l’article 4 du chapitre XXV de la Constitution, intitulé : « Le peuple français ne fait point la paix avec un ennemi qui occupe son territoire ». Mercier juge ces termes imprudemment belliqueux et optimistes quant à l’issue du combat. Il a raison. Mais la raison n’est pas une valeur révolutionnaire (…) La patrie est toujours en danger ! Cela explique aussi l’emballement révolutionnaire.

« Le brigand qui persécute, l’homme exalté qui injurie, le peuple trompé qui assassine suivent leur instinct et font leur métier. Mais l’homme en place qui les tolère, sous quelque prétexte que ce soit, est à jamais déshonoré ! »1513

Mme ROLAND (1754-1793), Lettre au ministre de l’Intérieur, 20 juin 1793, prison de l’Abbaye

Le ministre s’appelle Garat, il a remplacé Roland, son mari. Elle le juge ainsi : « aimable homme de société, homme de lettres médiocre et détestable administrateur ». Il l’a laissé arrêter et emprisonner à l’Abbaye. Jean-Marie Roland a réussi à fuir, avec quelques Girondins. Manon Roland écrit aussi à la Convention, au ministre de la Justice, des lettres cinglantes, superbes.

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