Auriol : « Les banques, je les ferme, les banquiers, je les enferme. » | L’Histoire en citations
Vincent Auriol Les banques, je les ferme, les banquiers, je les enferme
Citation du jour

 

Avocat et expert financier de la SFIO, avant de devenir caution bourgeoise et président de la prochaine (et IVe) République, Auriol apparaît à nombre de Français comme un parangon de la révolution, en 1936 !

« Les banques, je les ferme, les banquiers, je les enferme. »2677

Vincent AURIOL (1884-1966), ministre des Finances, Front Populaire, 1936

Histoire vivante du Front populaire, 1934-1939 (1966), Jean Grandmougin.

Avocat et expert financier de la SFIO, avant de devenir caution bourgeoise et président de la prochaine (et IVe) République, Auriol apparaît à nombre de Français comme un parangon de la révolution, en 1936 !

Au lendemain de la victoire des gauches unies se déclenche, par génération spontanée plus que par mouvement organisé, une vague nationale de grèves qui se propage. Grèves sur le tas, occupations d’usines toujours pacifiques, mais qui terrifient le patronat et frappent tous les contemporains. Sans consignes syndicales, le but des grévistes est d’obtenir sans délai les avantages sociaux promis par le Front populaire.

« Le patronat de droit divin est mort. »2787

Léon BLUM (1872-1950), résumant l’une des idées force du Front populaire de 1936

Le Procès de Riom (1945), James de Coquet, Robert Jacomet

Les patrons, comme les banques, cela symbolise le pouvoir de l’Argent roi.

Au Procès de Riom (15 février-11 avril 1942), accusé d’être responsable de la défaite de 1940, Blum parle en socialiste et comparaît en chef de gouvernement du Front populaire : « L’autorité patronale analogue au commandement hiérarchique, au commandement totalitaire, c’est fini, c’est mort. On ne donnera plus à des masses ouvrières le sentiment qu’elles sont asservies au travail par le lien d’une hiérarchie qu’elles n’ont pas eu le droit de discuter et auquel elles n’ont pas consenti. »

Qu’en est-il aujourd’hui ? Situation bien différente, mais ressenti comparable.

« La société est pourrie. Dans les ateliers, les mines et les champs, il y a des êtres humains qui travaillent et souffrent sans pouvoir espérer d’acquérir la millième partie du fruit de leur travail. »2503

RAVACHOL (1859-1892), à son procès, 26 avril 1892

XIXe siècle. Autre contestation autrement plus brutale du pouvoir de l’argent.

Ravachol est un criminel en série (tuant pour l’argent), devenu un mythe par la vertu de la dynamite et des relations nouées avec les militants anarchistes. Les 11, 18 et 29 mars, il a fait sauter des appartements de magistrats et une caserne. La veille du procès, ses complices ont fait exploser une bombe dans le restaurant Véry. Condamné à mort (pour des crimes antérieurs), il est exécuté le 11 juillet 1892.

Les attentats anarchistes, nombreux de 1892 à 1894, ont des origines diverses : souvenir de la Commune commémorée vingt ans après (y compris par des tableaux, des chansons) ; hostilité envers les partis organisés de gauche qui veulent un État socialiste ; haine pour les bourgeois dont les affaires prospèrent.

« L’affaire de Panama a montré toutes les forces sociales de ce pays au service et sous les ordres de la haute finance […] La nation doit reprendre sur les barons de cette nouvelle féodalité cosmopolite les forteresses qu’ils lui ont ravies pour la dominer : la Banque de France, les chemins de fer, les mines. »2506

Alexandre MILLERAND (1859-1943), Profession de foi aux électeurs du XIIe arrondissement, 1893

Idée toujours actuelle du pouvoir de la finance internationale (et les entreprises citées seront nationalisées en 1945-1946).

Millerand, républicain radical devenu socialiste (avant de finir conservateur et président de la République) fait partie de ces hommes nouveaux qui, comme Jaurès, deviendront députés aux élections de 1893.

L’affaire de Panama (« de l’or, de la boue et du sang »), l’un des scandales majeurs de la IIIe République, laissera des traces durables : antiparlementarisme et antisémitisme accrus, dans une France divisée.

Avril 2016. Nouvelle affaire des « Panama Papers », autre scandale dévoilé par la presse internationale : la persistance et l’importance des paradis fiscaux choquent une opinion publique hypersensible à ces « questions d’argent ».

Second Empire et IIIe République

 

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