Zola : « Un jour la France me remerciera d'avoir aidé à sauver son honneur. » | L’Histoire en citations
Zola : « Un jour la France me remerciera d'avoir aidé à sauver son honneur. »
Citation du jour

Second Empire citationsContemporains d’Anatole France, présents dans l’Histoire en citations, chacun de ces noms s’est illustré en littérature et en politique, à commencer par Zola, romancier le plus populaire (après Hugo qui est mort), mais aussi Péguy, Romain Rolland, André Breton, Paul Valéry, Georges Bernanos.

Feuilletez notre Chronique sur la Troisième République pour tout savoir.

« Un jour la France me remerciera d’avoir aidé à sauver son honneur. »2518

Émile ZOLA (1840-1902), La Vérité en marche, déclaration au jury

L’Aurore, 22 février 1898.

Le procès Zola en cour d’assises (7-21 février 1898) fit connaître l’affaire Dreyfus au monde entier. Formidable tribune pour l’intellectuel converti aux doctrines socialistes et aux grandes idées humanitaires : « Tout semble être contre moi, les deux Chambres, le pouvoir civil, le pouvoir militaire, les journaux à grand tirage, l’opinion publique qu’ils ont empoisonnée. Et je n’ai pour moi que l’idée, un idéal de vérité et de justice. Et je suis bien tranquille, je vaincrai. » C’est vrai. Mais en attendant, Zola est condamné à un an de prison et 3 000 francs d’amende.

« L’ordre, et l’ordre seul, fait en définitive la liberté. Le désordre fait la servitude. »2540

Charles PÉGUY (1873-1914), Cahiers de la Quinzaine, 5 novembre 1905

Rejeté de tous les groupes constitués, parce que patriote et dreyfusard, socialiste et chrétien, suspect à l’Église comme au parti socialiste, isolé par son intransigeance et ignoré jusqu’à sa mort du grand public, c’est l’un des rares intellectuels de l’époque échappant aux étiquettes. Voyant d’abord pour seul « remède au mal universel l’établissement de la République socialiste universelle », il crée ses Cahiers de la Quinzaine pour y traiter tous les problèmes du temps.

« Avec le prolétariat, toutes les fois qu’il respectera la vérité et l’humanité. Contre le prolétariat, toutes les fois qu’il violera la vérité et l’humanité. »2642

Romain ROLLAND (1866-1944), à Amédée Dunois, Réponse à l’Humanité (1922)

Écrivain engagé dans l’action avec le cœur à gauche, une sincérité n’ayant d’égale que sa générosité, mais un refus de tout embrigadement, une volonté de conserver « l’indépendance de l’esprit, d’abord, et avant tout, et contre tout, coûte que coûte ». D’où son hostilité à toute dictature et raison d’État, maintes fois répétée à ses amis communistes, et sa certitude que « l’esprit vraiment révolutionnaire est armé aussi bien contre les préjugés nouveaux de la Révolution prolétarienne que contre les préjugés anciens de la monarchie bourgeoise » (À l’Académie de Moscou, 1925).

« Transformer le monde, a dit Marx. Changer la vie, a dit Rimbaud. Ces deux mots d’ordre pour nous n’en font qu’un. »2669

André BRETON (1896-1966), Position politique du surréalisme, Discours au Congrès des écrivains (1935)

La politisation du mouvement surréaliste est l’une des raisons de son éclatement. Le « pape » du mouvement, au Parti communiste depuis 1927, entraîna nombre de camarades, mais il rompt en 1935. À l’inverse, les poètes Éluard et Aragon demeurent fidèles à l’engagement et au communisme. Être ou ne pas être communiste, l’être ou ne pas l’être inconditionnellement, questions récurrentes que se posent nombre d’artistes et d’intellectuels, dans l’entre-deux-guerres. La guerre à venir, l’attitude de la Russie soviétique et la Résistance vont encore bouleverser les données du problème.

« Si l’État est fort, il nous écrase. S’il est faible, nous périssons. »2630

Paul VALÉRY (1871-1945), Regards sur le monde actuel, « Fluctuations sur la liberté » (1938)

Observateur toujours lucide des problèmes qui se font drames de ce temps, il se refuse à tout engagement politique, mais tire (dans cet ensemble de textes rédigés à partir de 1930) une des leçons de l’histoire. Le dilemme est d’autant plus terrible que la faiblesse des démocraties fait la force des dictatures.

« Le monde ne vaut que par les extrêmes et ne dure que par les moyens ; il ne vaut que par les ultras et ne dure que par les modérés. »2846

André SIEGFRIED (1875-1959), citant Paul Valéry (1871-1945), De la Quatrième à la Cinquième République au jour le jour (1958)

Telle est la loi de la pratique parlementaire dans les démocraties libérales, notamment sous la Troisième et la Quatrième Républiques : les libéraux de droite et du centre servent de forces d’appoint, faisant pencher le fléau tantôt à gauche, tantôt à droite, d’où les majorités fragiles et fluctuantes.

« Le nationalisme […] quel chemin il a fait […] Les puissants maîtres de l’or et de l’opinion universelle l’ont vite arraché aux mains des philosophes et des poètes. Ma Lorraine ! ma Provence ! ma Terre ! mes Morts ! Ils disaient : mes phosphates, mes pétroles, mon fer. »2694

Georges BERNANOS (1888-1948), Les Grands Cimetières sous la lune (1938)

Catholique lorrain né à Paris et monarchiste militant à l’Action française avant la guerre de 1914, réformé, engagé volontaire pour la guerre dans les tranchées, Bernanos connaît un grand succès de romancier, tout en dénonçant La Grande Peur des bien-pensants (1930), c’est-à-dire la faillite de la bourgeoisie française. Il récidive huit ans après, s’élevant contre son matérialisme avec une violence de pamphlétaire.

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