La Fayette : « Les relations républicaines me charmaient. » | L’Histoire en citations
Citation du jour

« Les relations républicaines me charmaient. »

Marquis de LA FAYETTE (1757-1834), profession de foi adolescente

Mémoires, correspondance et manuscrits du général Lafayette (posthume, 1837).

Issu d’une grande et riche famille dont la noblesse remonte au XIe siècle, orphelin à 13 ans, il se veut militaire, ambitieux, mais pas courtisan. D’où ce mot amusant, quand il fait exprès de déplaire, pour quitter une bonne place à la cour et s’engager dans l’aventure américaine, avec les premiers volontaires français.

Benjamin Franklin, venu en mars 1777 défendre la cause des Insurgents, a convaincu : la simplicité de mise et le franc-parler de cet ambassadeur septuagénaire, envoyé du Nouveau Monde, contrastent avec les airs de la cour et séduisent d’emblée les Parisiens. Voltaire et Turgot l’admirent également.

La Fayette, 19 ans, contre l’avis de sa famille et du roi, s’embarque à ses frais sur une frégate, et débarque en Amérique, en juin 1777, pour se joindre aux troupes de Virginie. Nommé « major général », le jeune marquis paie de sa personne au combat. Plus que jamais charmé par les « relations républicaines », il s’enthousiasme pour l’égalité des droits, pour le civisme des citoyens, avec l’intuition de vivre un événement qui dépasse les frontières de ce pays.

« Voici une cocarde qui fera le tour du monde. »

Marquis de LA FAYETTE (1757-1834), 17 juillet 1789. Petite Histoire de France depuis les temps les plus reculés jusqu’à nos jours (1883), Victor Duruy

Nommé le 15 juillet commandant de la garde nationale, La Fayette prend la cocarde bleue et rouge aux couleurs de Paris, y joint le blanc, couleur du roi, et présente cette cocarde tricolore à Louis XVI, venu « faire amende honorable » à l’Hôtel de Ville de Paris. Le roi met la cocarde à son chapeau et, par ce geste, reconnaît symboliquement la Révolution.

« Dans le nouveau monde, Monsieur de La Fayette a contribué à la formation d’une société nouvelle ; dans le monde ancien, à la destruction d’une vieille société. »

François René de CHATEAUBRIAND (1768-1848), Mémoires d’outre-tombe (posthume)

Dans le « nouveau monde », rappelons le rôle du très populaire « Héros des deux mondes » : à 19 ans, il s’est engagé personnellement et financièrement dans la guerre d’Indépendance des « Insurgents » contre l’Angleterre, et contre la politique étrangère de Louis XVI. Le Congrès des jeunes États-Unis d’Amérique l’a fait citoyen d’honneur en 1781.

Dans le « monde ancien », la France des Lumières et de la Révolution y a gagné un allié, pour les siècles à venir.

« La Reine […] a été trompée, elle promet qu’elle ne le sera plus […] elle promet d’être attachée au peuple comme Jésus-Christ à son Église. »

Marquis de LA FAYETTE (1757-1834), à la foule, Versailles, 6 octobre 1789

Il s’adresse à la foule qui a forcé les grilles et envahi le château de Versailles, massacré deux gardes du corps. Commandant de la garde nationale, il n’a pu empêcher l’émeute, mais il calme le jeu, apparaissant au balcon avec le roi, la reine (en larmes) et le dauphin dans ses bras : signe de réconciliation symbolique entre Louis XVI et son peuple. La Fayette, auréolé de son aventure américaine, se rêve le Washington d’une démocratie royale et sauve sans doute la vie à la famille du roi, ce matin du 6 octobre.

« Si l’on avait fait davantage confiance à Monsieur de La Fayette, mes parents seraient encore en vie. »

Marie-Thérèse de France, devenue duchesse d’ANGOULÊME (1778-1851). Phrase non « sourcée », peut-être apocryphe

Fille aînée de Louis XVI et de Marie-Antoinette, seule survivante des enfants royaux, libérée en 1795 à 17 ans, « Madame Royale » reconnaîtra le rôle joué par le héros le plus populaire de la Révolution en ses débuts. Il a été très discuté par les contemporains comme par les historiens. En tout cas, impossible de croire que La Fayette a mené double jeu et trahi le roi dans cette histoire. Mais la reine finira par le prendre en haine (après l’échec de la fuite à Varennes en juin 1791) : « Je sais bien que M. de Lafayette nous protège, mais qui nous protégera de M. de La Fayette ? »

« Il ne se fait payer que dans le sens de ses convictions. »

Marquis de LA FAYETTE (1757-1834) parlant de Mirabeau qui offre ses services au roi et à la reine, en mars 1790

« Mirabeau est vendu », disent ses adversaires. La Fayette est plus fair-play : la vénalité de Mirabeau ne se discute même pas, mais il s’en tient toujours à ses idées.

Mirabeau tente de faire prendre à la Révolution un tournant à droite, et manoeuvre en secret pour sauver la monarchie. Il va donc offrir ses services au roi et à la reine – ou plus exactement, les vendre très cher, l’homme étant toujours couvert de dettes. Ses intrigues contrarient le jeu et les ambitions personnelles de La Fayette, qui l’a eu un temps comme allié.

« On se défendra, Monsieur, et tant qu’il restera en France un pouce de terrain libre, et un homme pour le disputer, c’est là que vous me trouverez. »

Marquis de LA FAYETTE (1757-1834), Lettre autographe à Dumouriez, 29 mai 1792

La France a déclaré la guerre le 20 avril 1792 au « roi de Bohême et de Hongrie » : le nouvel empereur d’Autriche François II, 24 ans, neveu de Marie-Antoinette, exige le rétablissement des droits féodaux en Alsace et l’abolition du nouveau droit des peuples à disposer d’eux-mêmes.

Casus belli pour la France révolutionnaire. François II, devenu à la mort de son père empereur du Saint Empire romain germanique, ne fait que défendre les droits des « princes possessionnés » d’Alsace. Il va vivre une guerre de vingt-trois ans avec la France, sous le signe de la Révolution, puis de Napoléon.

Il y a divergence sur la conduite des opérations militaires : La Fayette, commandant de l’armée du Centre (puis du Nord) est partisan d’une guerre énergique, à l’inverse de Dumouriez, ministre des Affaires étrangères dans le gouvernement girondin, depuis le 10 mars 1792.

Il existe aussi un dissentiment politique : La Fayette, toujours partisan d’une monarchie libérale, a quitté le club des Jacobins (où reste Dumouriez) pour le club des Feuillants où se retrouvent les modérés.

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