Malraux : « La vraie barbarie, c'est Dachau ; la vraie civilisation, c'est d'abord la part de l'homme que les camps ont voulu détruire. » | L’Histoire en citations
Malraux : « La vraie barbarie, c'est Dachau ; la vraie civilisation, c'est d'abord la part de l'homme que les camps ont voulu détruire. »
Citation du jour

citation ive républiqueSeconde Guerre mondiale. Malraux, prisonnier, puis évadé, peine à entrer dans la Résistance et à faire une « belle guerre », mais participe à la Libération, collectionne les décorations et marque la mémoire collective avec son discours sur Jean Moulin, héros et martyr, panthéonisé comme le sera Malraux, l’heure venue.

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« La vraie barbarie, c’est Dachau ; la vraie civilisation, c’est d’abord la part de l’homme que les camps ont voulu détruire. »2719

André MALRAUX (1901-1976), Antimémoires (1967)

Témoin et acteur de ce temps, prisonnier de guerre en 1939, évadé d’un camp après l’armistice de 1940, aventurier au sens noble et rallié tardivement au général de Gaulle incarnant la Résistance, blessé dans les rangs du maquis, le voilà enfin commandant la brigade d’Alsace-Lorraine à la libération.

Le camp de concentration, institution type des régimes totalitaires, est l’un des instruments de la terreur instaurée par le nazisme : on y enferme les juifs, les gitans et les homosexuels, les résistants, tous les opposants. Dachau, près de Munich, est l’un des premiers camps ouverts, en 1933. Au total, 203 camps, entre 6 et 9 millions de morts (selon les sources), juifs en majorité.

« Les plaies, la neige, la faim, les poux, la soif ; puis la soif, la faim, les poux, la neige, les maladies et les plaies […] l’hallucination qui fait prendre la schlague meurtrière des kapos pour un bâton de chocolat, le petit morceau de bois indéfiniment sucé, le corps qui n’est plus que faim […], la faim a été la compagne quotidienne des déportés jusqu’à la limite de la mort. »2795

André MALRAUX (1901-1976), Antimémoires (1967)

Risque extrême du « métier » de résistant. On estime à 100 000 le nombre de déportés civils pour raisons politiques, parmi les Français. Mais certains qui étaient pris mouraient avant.

« Pauvre roi supplicié des ombres, regarde ton peuple d’ombres se lever dans la nuit de juin constellée de tortures. »2797

André MALRAUX (1901-1976), Discours au Panthéon, lors du transfert des cendres de Jean Moulin, 19 décembre 1964

Le corps fut renvoyé à Paris en juillet 1943, incinéré au Père-Lachaise. Ses cendres (supposées telles) ont été transférées au Panthéon : « Entre ici, Jean Moulin ! »  Cette « panthéonisation », reconnaissance suprême de la patrie à ses héros, est l’acte final des célébrations du 20e anniversaire de la Libération. Jean Moulin, coordinateur des réseaux de Résistance sur le sol français, en fut à la fois le chef, le martyr et le symbole.

Malraux, ministre d’État chargé des Affaires culturelles, parle comme le Bossuet des Oraisons funèbres, au siècle de Louis XIV. Il s’inspire aussi du témoignage de la propre sœur de Moulin.

« Bafoué, sauvagement frappé, la tête en sang, les organes éclatés, il atteint les limites de la souffrance humaine, sans jamais trahir un seul secret, lui qui les savait tous. »2796

Laure MOULIN (1892-1974), sœur et collaboratrice de Jean Moulin, témoignage. Antimémoires : Le Miroir des limbes, volume I (1976), André Malraux

Parachuté en France au début de l’année 1942, Jean Moulin avait pour mission d’unifier les réseaux de la zone sud et d’obtenir le ralliement des communistes, particulièrement précieux par leur discipline et leur expérience de la clandestinité. Il crée à Paris, le 27 mai 1943, le Conseil national de la Résistance (CNR), mais il est livré aux Allemands le 21 juin à Caluire (Rhône), emprisonné au fort de Montluc (à Lyon) et meurt quelques jours après des suites de tortures, dans le train qui l’emmène en Allemagne.

« Je sais mal ce qu’est la liberté, mais je sais bien ce qu’est la libération. »2810

André MALRAUX (1901-1976), Antimémoires (1967)

La libération du territoire, commencée aux rives de la Corse (septembre 1943), s’achève dans l’Est, le 23 novembre 1944, à Strasbourg. L’honneur en revient à la division Leclerc. De Lattre de Tassigny libérera la Haute-Alsace (dernières poches occupées) au début de 1945, avec le colonel Berger (alias Malraux) commandant la brigade Alsace-Lorraine.

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