Philippe le Bel : « Pesez, Louis, pesez ce que c'est que d'être roi de France. » | L’Histoire en citations
Philippe le Bel : « Pesez, Louis, pesez ce que c'est que d'être roi de France. »
Citation du jour

 

Mourir en ROI, conscient de son rôle écrasant et responsable du destin de la France, devant son successeur (le Dauphin) ou face à son peuple.

Le mot de la fin se fait message politique comme il y en a beaucoup, mais d’ordre supérieur, parce que royal, et solennel, vu les circonstances.

« Pesez, Louis, pesez ce que c’est que d’être roi de France. »260

PHILIPPE IV le Bel (1268-1314) à son fils aîné Louis, le jour de sa mort, 29 novembre 1314

La Nouvelle Revue des deux mondes (1973).

Dernières paroles politiques du dernier grand Capétien - les Valois viennent ensuite.

Certes impopulaire de son vivant et mal aimé de certains historiens, il a fait faire des progrès décisifs à la royauté : diversification des organes de gouvernement (Parlement, Chambre des comptes, etc.), grandes ordonnances de « réformation » du royaume, raffermissement de l’État contre la féodalité, lutte contre la justice ecclésiastique et indispensable centralisation. À sa mort, la France est devenue le pays le plus riche et le plus peuplé d’Europe.

Son fils va devenir Louis X le Hutin, dit aussi « le Querelleur ». Suivant l’exemple de rapacité de son père, il dépouille les juifs et les banquiers lombards, et vend des chartes d’affranchissement aux serfs. Ce ne fut pas un grand roi de France.

« Si l’on ouvrait mon cœur, on y trouverait gravé le nom de Calais. »488

Marie TUDOR (1516-1558)

Histoire de France depuis les temps les plus reculés jusqu’en 1789 (1844), Henri Martin

Femme dans son expression, et reine d’Angleterre, mais l’Angleterre fait intimement partie de notre histoire.

Elle mourra, dit-on, du chagrin causé par la perte de Calais, seule place restée anglaise en France, à la fin de la guerre de Cent Ans. Sauvée du massacre par les célèbres bourgeois de Calais… et par Philippine, la reine d’Angleterre (1347), cette ville fut quelque peu oubliée par les rois de France, davantage intéressés par la riche et fascinante Italie. Mais François de Guise (le Balafré), nommé lieutenant général du royaume par François Ier, a repris Calais aux Anglais le 13 janvier 1558, après un siège très bref de six jours, et malgré les renforts envoyés par Marie Tudor.

La perte de cette ville rend encore plus impopulaire Marie la Catholique, dite aussi la Sanglante, pour avoir persécuté les protestants anglais. La reine meurt au terme d’une longue agonie, le cœur brisé d’avoir perdu Calais, certes, mais aussi le roi Philippe II, qui s’est éloigné d’elle pour retourner en Espagne, après un an de mariage. Vit-on jamais roi de France ou d’Angleterre mourir d’amour… ?

« Que mon peuple persiste et demeure ferme en la foi en laquelle je meurs. »492

HENRI II (1519-1559), le 10 juillet 1559, au terme d’une terrible agonie

Le roi meurt des suites d’un accident de tournoi – blessure à l’œil, coup de lance donné par le comte de Montgoméry, capitaine des gardes et régicide involontaire. Nostradamus qui a prédit ce malheur devient astrologue de la cour.

Après dix jours d’atroces souffrances et malgré tous les soins du célèbre Ambroise Paré, ce grand roi meurt en s’affichant comme chrétien, peu avant que la France ne se déchire en huit guerres de Religion (1562 à 1598). Il laisse trois fils qui n’auront jamais son autorité, et d’abord l’aîné François II, 15 ans. Le jeune prince confie le gouvernement à sa mère Catherine de Médicis : elle donne le pouvoir à ses oncles, les Guise. Sous l’influence de cette famille très catholique, la guerre aux protestants sera tragique.

« Peuple, je meurs innocent ! »1479

LOUIS XVI (1754-1793), à la foule, place de la Révolution à Paris (aujourd’hui place de la Concorde), 21 janvier 1793

Mot de la fin, cité dans les Mémoires d’outre-tombe (posthume) de Chateaubriand

Au terme d’un procès perdu d’avance, payant pour tous les crimes de l’Ancien Régime, le roi est guillotiné. Seul exemple avant lui, Charles Ier d’Angleterre, également victime de sa faiblesse, face aux révolutionnaires de Cromwell (1649).

Le roulement de tambours de la garde nationale interrompt la suite de sa proclamation, entendue seulement par le bourreau Sanson et ses aides. La scène sera maintes fois reproduite en gravures et tableaux, avec le bourreau qui brandit la tête du roi, face au peuple amassé. Version courte, la plus réaliste… L’importance de l’événement est telle pour les Français que l’imagination populaire et historienne se donnera libre cours. Avec les citations apocryphes, variation autour de ce thème : « Je pardonne aux auteurs de ma mort. Je prie Dieu que mon sang ne retombe pas sur la France. »

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