Molière : « Presque tous les hommes meurent de leurs remèdes et non pas de leurs maladies. » | L’Histoire en citations
Molière Presque tous les hommes meurent de leurs remèdes
Citation du jour

« Presque tous les hommes meurent de leurs remèdes et non pas de leurs maladies. »879

MOLIÈRE (1622-1673), Le Malade imaginaire (1673)

Malade d’une tuberculose que les médecins du temps sont impuissants à guérir, épuisé de travail à la tête de sa troupe et au service du roi, Molière, 51 ans, est pris d’une défaillance sur la scène de son théâtre du Palais-Royal, alors qu’il joue pour la quatrième fois le rôle du Malade. Il meurt chez lui, le soir même, crachant le sang.

Au XVIIe siècle, Molière a raison de détester les médecins : lavement et saignée sont les remèdes les plus pratiqués. Un malade déjà affaibli par sa maladie peine à survivre !

Paradoxe d’aujourd’hui : les Français, gros consommateurs de médicaments (anxiolytiques en tête), se méfient de la médecine et notamment de la vaccination. L’accident sanitaire du 15 janvier, lors d’un essai clinique à Rennes pour un nouveau médicament, a relancé le débat. Un patient est décédé, le 17. Pourtant, que de progrès dans l’histoire !

« Je le soignai, Dieu le guérit. »484

Ambroise PARÉ (vers 1509-1590), phrase gravée sur le socle de sa statue à Laval, sa ville natale

Autodidacte, il apprend seul à lire et écrire et ne parlera ni grec ni latin. Apprenti chez un barbier, il monte à Paris pour apprendre la chirurgie, les deux pratiques allant de pair, à l’époque. Il obtient le titre de maître barbier-chirurgien, et va rencontrer, lors de divers sièges guerriers, les plus grands princes de France, blessés. Son habileté fait qu’on l’appelle partout et il sera au service des rois de France, depuis Henri II et jusqu’à sa mort, en 1590.

La Faculté de médecine de Paris fait tout pour entraver ses recherches trop novatrices et la publication de ses oeuvres. Ambroise Paré est cependant le fondateur de la science médicale : il invente divers instruments de chirurgie et la méthode de ligature des artères, remplaçant la cautérisation en cas d’amputation. Et contrairement aux chirurgiens de son temps, il n’ampute qu’en cas d’absolue nécessité.

La phrase qu’il aime à prononcer rappelle la formule des rois de France touchant les écrouelles : « Le Roi te touche, Dieu te guérit. » Avec tant de science, il reste un homme de la Renaissance par sa foi en Dieu, ainsi qu’en des forces surnaturelles.

« Quelque maladie qu’aient les princes, jamais ce qui les entoure, ni les médecins, ne conviennent qu’ils soient mal que lorsqu’ils sont morts. La flatterie et la politique les conduisent jusqu’au tombeau. »1194

Baron de BESENVAL (1721-1791), Mémoires de Besenval (posthume, 1805)

Louis XV meurt en 1774 comme Louis XIV. On cache au roi la gravité de son mal et l’agonie se prolonge dans d’atroces souffrances. Le peuple n’est évidemment pas mieux soigné, même si le nombre de « grands vieillards » peut surprendre. On cite souvent Fontenelle, académicien centenaire. N’oublions pas Voltaire.

« Le nombre infini de maladies qui nous tue est assez grand ; et notre vie est assez courte pour qu’on puisse se passer du fléau de la guerre. »1216

VOLTAIRE (1694-1778), Lettre à Mme du Deffand, 27 février 1775, Correspondance (posthume)

L’octogénaire, né dans un siècle de paix relative, écrit fidèlement à son amie, presque aussi âgée que lui. Très actif et toujours créatif, Voltaire fut également de santé fragile durant sa longue vie.

« Le choléra-blocus a succédé au choléra-morbus. »2077

Journaux d’opposition. Histoire de la France et des Français (1972), André Castelot, Alain Decaux.

L’épidémie de choléra à Paris fait quelque 20 000 victimes en 1832, dont Casimir Périer, président du Conseil, allant visiter les malades dans les hôpitaux, aux premiers jours d’avril. Les quartiers populaires, surpeuplés, sont les plus touchés. Cette inégalité devant la mort accroît le malaise social. L’état de siège est proclamé à Paris le 7 juin, dans un climat social dramatique.

Autre maladie mortelle et très contagieuse, la peste décimait régulièrement les populations au Moyen Âge. Quant à l’épidémie de grippe espagnole en 1919, elle fit autant de morts chez les civils que la Grande Guerre !

À la fin du siècle, la nouvelle terreur prend le nom de SIDA, une pandémie aux 25 millions de morts. Des remèdes existent aujourd’hui, en attendant un vaccin. Les progrès de la médecine et de l’hygiène ont allongé l’espérance de vie de trente ans en un siècle. Molière ne serait pas mort de la tuberculose.

Le siècle de Louis XIV

 

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Commentaires (3)

  • anon

    C'est le propre de l'homme que se représenter les choses de sa vie par des images. Le plus souvent irréelles.
    Certains abusent des jeux, en imaginant des gains extraordinaires. D'autres abusent de remèdes pour des maladies imaginaires. Généralement les deux en meurent.

    18 janvier 2016
  • anon

    la grippe espagnole de 1918 n'est pas assez connue
    ma mère m'en a souvent parlé, elle l'a eu alors qu'elle avait 17 ans

    18 janvier 2016
  • anon

    "La guerre a été inventée par des gens vieux pour la faire, et, faite par des gens jeunes qui ne la comprennent pas." D'un acteur de cinéma.

    20 janvier 2016

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