Robespierre : « Le peuple français reconnaît l'existence de l'Être suprême... » | L’Histoire en citations
Robespierre Le peuple français reconnaît l'existence de l'Être suprême
Citation du jour

 

Déiste à la Rousseau et non athée (comme Hébert ou Danton), il croit à cette utopie : le culte de l’Être suprême, « religion » créant une série de fêtes civiques, dans le but de réunir les citoyens, refonder spirituellement la Cité, promouvoir des valeurs sociales, abstraites et majuscules, Amitié, Fraternité, Genre humain, Jeunesse ou Bonheur.

« Le peuple français reconnaît l’existence de l’Être suprême et l’immortalité de l’âme. »1586

Maximilien ROBESPIERRE (1758-1794), Convention, Rapport du 7 mai 1794 (décret du 18 floréal an II)

Le XIXe siècle et la Révolution française (1992), Maurice Agulhon.

Déiste à la Rousseau et non athée (comme Hébert ou Danton), il croit à cette utopie : le culte de l’Être suprême, « religion » créant une série de fêtes civiques, dans le but de réunir les citoyens, refonder spirituellement la Cité, promouvoir des valeurs sociales, abstraites et majuscules, Amitié, Fraternité, Genre humain, Jeunesse ou Bonheur.

La Fête de l’Être suprême du 8 juin (20 prairial an II), mise en scène par le peintre David, rassemble une foule de 400 000 personnes (pour 600 000 Parisiens à l’époque), comparable à la Fête de la Fédération (14 juillet 1790).

« On crut que Robespierre allait fermer l’abîme de la Révolution. » (Mallet du Pan) Mais deux jours après, la loi de Prairial élargit la notion de suspect : « Les têtes tombaient comme des ardoises. » Fouquier-Tinville, accusateur public, salue la Grande Terreur : 1 300 exécutions à Paris du 10 juin au 27 juillet (9 thermidor). 16 600 exécutions en France après condamnation par une cour de justice révolutionnaire, de mars à juillet 1794.

« Peuple, souviens-toi que si dans la République la justice ne règne pas avec un empire absolu, et si ce mot ne signifie pas l’amour de l’égalité et de la patrie, la liberté n’est qu’un vain nom ! »1600

ROBESPIERRE (1758-1794), Convention, Discours du 26 juillet 1794 (8 Thermidor An II)

Après une longue péroraison, il termine en menaçant : « Je suis fait pour combattre le crime, non pour le gouverner. … Les défenseurs de la liberté ne seront que des proscrits, tant que la horde des fripons dominera. »

Même jour, même lieu, tumulte et précipitation : « Demain, de Robespierre ou de moi, l’un des deux sera mort. » Cambon se croit sur la liste des « fripons » condamnés par Robespierre et sa loi de Prairial. Le fidèle et dévoué Duplay lui conseille la prudence. « La masse de la Convention est pure ; rassure-toi ; je n’ai rien à craindre. »

« Quand on se vante d’avoir le courage de la vertu, il faut avoir le courage de la vérité. Nommez ceux que vous accusez ! »1603

Louis Joseph CHARLIER (1754-1797), à Robespierre, Convention, 26 juillet 1794 (8 Thermidor An II)

Des listes circulent, vraies ou fausses. Les « fripons » vont s’entendre pour renverser Robespierre, il faut faire vite. Le lendemain, ce sera le coup d’État du 9 Thermidor. Saint-Just lit son discours et va donner les noms. Il est violemment interrompu.  Robespierre monte à la tribune avec la liste des « épurés », mais suffoque sous la chaleur torride : « C’est le sang de Danton qui t’étouffe ! » (Garnier de l’Aube) Tallien et les modérés lui coupent la parole, à onze reprises. Les sections populaires de la Commune manifestent pour libérer Robespierre et ses amis, transférés à l’Hôtel de Ville, tandis que la Convention met Robespierre « hors la loi » – il peut être exécuté sans jugement.

Le soir, on trouve Robespierre, mâchoire brisée (coup de pistolet ou tentative de suicide ?). Le 28 juillet (10 Thermidor), Robespierre, Couthon, Saint-Just et 19 de leurs alliés sont guillotinés sans jugement. Puis 71 le lendemain et quelques autres encore, les jours suivants. Au total, une centaine.

« L’histoire du neuf Thermidor n’est pas longue : quelques scélérats qui firent périr quelques scélérats. »1607

Joseph de MAISTRE (1753-1821), Considérations sur la France (1796)

C’est un peu court, et signé du théoricien majeur de la pensée contre-révolutionnaire.

Proudhon, créateur du socialisme à la française, dénoncera violemment la propagande thermidorienne qui, après élimination de Robespierre, l’a posé en dictateur sanguinaire : « D’infâmes scélérats l’ont couvert de leurs propres crimes, la calomnie en fait un monstre, un demi-siècle d’exécration pèse sur sa tombe. »

L’historien Albert Mathiez contribue à la réhabilitation du révolutionnaire, de manière plus juste : « Il y a ceux qui voient en Robespierre un autre Lénine et ceux qui pensent à Jaurès en prononçant son nom ; et il y a ceux qui haïssent le monstre et ceux qui révèrent le martyr. »

Nous avons consacré 4 jours à Robespierre :

  • Mirabeau : « Cet homme ira loin car il croit tout ce qu’il dit. »
  • Robespierre : « Louis doit mourir pour que la patrie vive. »
  • Robespierre : « Celui qui a des culottes dorées est l’ennemi de tous les sans-culottes. »

Révolution

 

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