L’Histoire en proverbes et dictons, devises, maximes et autres slogans (de la Gaule au Siècle des Lumières) | L’Histoire en citations
Édito de la semaine

Proverbes et dictons, sagesse des nations.
Dans le monde à venir, ça peut toujours servir.

De la Gaule à nos jours, des centaine d’« expressions » ponctuent l’Histoire en citations. Les dictionnaires alignent les synonymes : adage, axiome, devise, dicton, formule, inscription, maxime, précepte, sentence, slogan, etc… Mais la terminologie imprécise rend le classement impossible. 

Première remarque, nombre d’expressions changent de nature pour cause de succès ! Une devise qui sonne bien peut devenir proverbe : « À cœur vaillant, rien d’impossible », de même qu’une expression générale : « Vae victis - Malheur aux vaincus » ou un précepte très localisé et daté : « De deux maux, on doit toujours choisir le moindre - Dels dos mals, le mens mal deu om tots temps trier ». Notons que VO et VF voisinent souvent.

Un cri né d’une émeute ouvrière pour raison économique s’inscrira plus tard sur le drapeau noir de l’anarchie : « Vivre libres en travaillant ou mourir en combattant ». Le titre d’un journal éphémère ressuscite en devise anarchiste : « Ni Dieu ni maître ». Quant à notre trilogie républicaine « Liberté, égalité, fraternité » (revendiquée par un auteur !), elle connaît un parcours mouvementé au fil des changements de régime marquant le siècle suivant.

L’origine historique d’un « mot » est souvent lointaine : « L’argent est le nerf de la guerre », « Diviser pour régner - Divide ut regnes » et parfois incertaine : « Après nous, le déluge ».

Une devise vaut portrait (flatteur) d’un personnage : « Quo non ascendet ? - Jusqu’où ne montera-t-il pas ? » Cette ambition proclamée résume le destin de Fouquet, surintendant des Finances. Colbert, son successeur auprès de Louis XIV, affiche sa déontologie ministérielle : « Pro rege saepe ; pro patria semper - Pour le roi souvent ; pour la patrie toujours. » Jeanne d’Arc affichait sa foi : « Dieu premier servi ». Mais la référence chrétienne marque tout le Moyen Âge.

La portée d’un simple dicton étonne parfois : « Le roi de France ne meurt jamais » explique la pérennité de la dynastie royale qui caractérise l’Ancien Régime. Notre Moyen Âge s’éclaire soudain entre un dicton festif - « Après la panse vient la danse » - et une maxime monétaire - « Il faut faire suer les écus ». Tout le bellicisme du règne de Louis XIV se résumera en cette devise gravée sur ses canons : « Dernier argument des rois - Ultima ratio regum  ».

Le talent est au rendez-vous de ces citations proverbiales, le prix de la poésie revenant au peuple savoyard plébiscitant son rattachement à la France, sous Napoléon III : « Nos cœurs ont suivi le cours de nos rivières. » Reste le génie incontesté de La Fontaine : « Selon que vous serez puissant ou misérable / Les jugements de cour vous rendront blanc ou noir. » Avec son bestiaire, le Bonhomme nous laisse des dizaines de proverbes, très inspirés d’Ésope et autres fabulistes.

Si les slogans fleurissent à chaque émeute ou manifestation, la moisson de Mai 68 se distingue par son abondance et son originalité. D’autres suivront, politiques, écologiques, électoraux, voire sportifs : « La France black blanc beur » de 1998.
Cela dit, les dictons d’antan ayant résisté au temps gardent leur charme… et parfois leur actualité. À vous de juger ! Ça pourrait même faire l’objet d’un petit jeu de société.

Pour cet édito, le classement par ordre chronologique s’impose - toujours le plus simple et souvent le meilleur. Cette promenade guidée au fil de l’histoire réserve des surprises et il en restera toujours quelque chose - qui ressemble à la « culture générale ».

Toutes les citations de cet édito sont à retrouver dans nos Chroniques de l’Histoire en citations : en 10 volumes, l’histoire de France de la Gaule à nos jours vous est contée, en 3 500 citations numérotées, sourcées, contextualisée, signées par près de 1 200 auteurs.

I. De la Gaule au Siècle des Lumières.

 

1. Gaule et Moyen Âge.

« Honorer la divinité, fuir le mal, pratiquer la bravoure. »3

Maxime de sagesse des Celtes. Vies, doctrines et sentences des philosophes de l’Antiquité (multiples éditions et traductions), Diogène Laërce (ou Diogène de Laërte), écrivain grec et compilateur du IIIe siècle de notre ère

C’est aussi un précepte druidique, le seul qui nous soit parvenu de cette civilisation où l’écrit n’est pas répandu. Telles sont les qualités morales prônées par les tribus celtiques installées en Gaule.

Jérôme, docteur de l’Église qui vécut à la fin du IVe siècle et deviendra saint, confirme : « La Gaule est le seul pays qui n’ait pas produit de monstres ; mais de tout temps elle s’est distinguée par ses hommes avisés et éloquents. » En parlant de « monstres », il songeait à certains empereurs romains célèbres pour leurs folies sanguinaires, tels Néron et Caligula.

« Là où Attila a passé, l’herbe ne repousse plus. »12

Adage symbolisant la sauvagerie des Huns. Histoire des Francs (première impression française au XVIe siècle), Grégoire de Tours

Ce mot recueilli par Grégoire de Tours un siècle et demi après l’invasion des Huns (en 451) montre que la mémoire était encore vive, en Gaule, de ces barbares et de leur chef, Attila surnommé Fléau de Dieu ! Beaucoup de chroniqueurs s’inspireront de ses Dix livres d’histoire – titre originel de sa somme historique –, ce qui contribue à renforcer le mythe d’Attila toujours vivant.

« Malheur aux vaincus. »15

BRENNUS (IVe s. av. J.-C.), aux Romains, 390 av. J.-C. Histoire romaine, Tite-Live (historien romain né en 59 av. J.-C.)

Brennus est le chef des hordes gauloises qui déferlent sur l’Italie du Nord : conquise vers 390, elle devient la Gaule cisalpine. Rome est prise, pillée, incendiée. Catastrophe nationale et stupeur de toute l’Antiquité : pour la première et dernière fois (avant sa chute finale, mille ans après), la capitale de l’Empire romain tombe sous les coups d’une armée étrangère !

Brennus, vainqueur, jette son épée dans la balance où se pesait la rançon de la ville, pour augmenter le poids d’or réclamé comme prix de son départ. Aux protestations des Romains, il répond : « Vae Victis ». L’expression, devenue proverbe, signifie que les vaincus n’ont droit à aucune justice de la part des vainqueurs.

« Nous ne craignons rien, sinon que le ciel ne tombe sur nos têtes. »16

Un guerrier gaulois à Alexandre le Grand, 335 av. J.-C. Géographie, livre VII, Strabon (géographe grec né en 58 av. J.-C.)

Fière réplique, également citée par Arrien, historien romain.

Les Gaulois, tribus nomades, ont traversé l’Europe et poursuivi leur expansion jusqu’aux rives du Danube. Alexandre, roi de Macédoine, a convié à sa table ces guerriers. Âgé de 20 ans, déjà conquérant dans l’âme et prêt à devenir le héros mythique de l’Antiquité, Alexandre demande durant le repas aux Gaulois ce qu’ils craignent le plus, s’attendant naturellement à ce qu’ils répondent que c’est lui. Eh bien, non, ces Gaulois ne craignent véritablement rien, ni personne.

« Ayez le Franc pour ami, mais non pour voisin. »100

Proverbe grec (byzantin). Histoire de France, volume I (1861), Jules Michelet

Charlemagne et son armée progressent si rapidement vers l’Est que les Byzantins feront de cette expression un proverbe. C’est dire la crainte que peut inspirer un si grand souverain !

Le conquérant a certes des relations avec Byzance et notamment avec le puissant califat d’Haroun al-Rachid, célèbre par les contes des Mille et Une Nuits. Mais en réalité, jamais Charlemagne ne porte si loin ses armes. C’est seulement plus tard que les récits épiques français et italiens le feront guerroyer aux limites du monde connu. Ainsi se forme la légende.

« Toute justice émane du roi. »120

Antoine LOYSEL (1536-1617). Dictionnaire de français Littré, au mot « justice »

Cet adage fait écho à « Si veut le Roi, si veut la Loi » et reflète la suprématie de la justice royale sur les justices seigneuriales ou municipales. Il devient plus vrai à mesure que des rois comme Louis IX et surtout Philippe le Bel renforcent l’État royal.

Loysel, avocat, puis procureur général à Paris, humaniste et disciple de Cujas, est considéré comme le premier penseur de droit français. Il met quarante ans à rédiger son Manuel (1607), recueil de 958 maximes : dans une forme élégante, il fixe les bases du droit français en fusionnant les règles du droit romain et de nombreuses coutumes.

« Laissez passer la justice du roi ! »121

Inscription sur les sacs où l’on met les condamnés à mort préalablement étranglés, avant d’être jetés à l’eau. Histoire de France depuis les temps les plus reculés jusqu’à la Révolution (1839), Louis-Pierre Anquetil

La formule remonte au règne de Charles VI le Fol (1368-1422), en pleine guerre de Cent Ans. Elle a (au moins) deux origines possibles.

En 1417, le roi apprend que son épouse Isabeau de Bavière, dont il eut 11 enfants, le trompe avec un certain chevalier Louis de Bourdon (ou Bois-Bourdon, ou Bosredon). Le chroniqueur Enguerrand de Monstrelet en fait état : « Le roi envoya après lui le prévôt de Paris. […] Il fut par le commandement du roi très fort questionné, et depuis noyé en Seine. » Pratique inédite pour un crime hors norme - on exécutait jusqu’alors les condamnés par décapitation, bûcher ou pendaison. Avant la noyade, le corps aurait été mis dans un sac, avec la fameuse inscription.

Autre version, moins romanesque : en mars 1382, le peuple de Paris refuse de payer une taxe nouvelle sur les victuailles et se mutine. Des émeutiers pillent l’Hôtel de Ville, s’emparent de maillets et forcent les portes de la prison du Châtelet : c’est la « révolte des maillotins ». On punit les coupables, mais on renonce à des exécutions publiques trop nombreuses, qui risquent de provoquer le peuple. Les condamnés seront jetés à la Seine, de nuit, dans des sacs portant la mention : « Laissez passer la justice du roi ! »

« Le roi de France ne meurt jamais. »122

Dicton marquant la pérennité de la dynastie royale, au-delà de la personne du roi. Histoire de la Révolution de France (1820), Antoine Fantin-Desodoards

De là vient la célèbre expression : « Le roi est mort, vive le roi » pour saluer chaque fois l’avènement du successeur du roi défunt, jusqu’à la Révolution.

« Nulle terre sans seigneur. »
« Nul seigneur sans titre. »124

Maximes. Recueil alphabétique des questions de droit (1810), Philippe-Antoine Merlin

La première formule est la maxime des Francs du nord de la France, à laquelle répond la seconde, élaborée par les seigneurs du Midi. L’une et l’autre expriment le fondement de la société médiévale, basée sur la puissance territoriale des seigneurs.

« Fier comme château sur motte. »125

Proverbe du XIe siècle. Dictionnaire de français Littré, au mot « motte »

En ces temps de tumultes, le château fait tout à la fois la force et la fierté des seigneurs.

« Après la panse vient la danse. »138

Dicton populaire. Dictionnaire de l’Académie française (1694), au mot « panse »

On mange, on boit, on s’amuse bien au Moyen Âge, au château comme au village, hors les temps de famine, de peste, de guerre. Cela contredit l’image trop souvent répandue d’une époque sombre, sévère, fatalement dure à vivre.

« De Cotentin partit la lance
Qui abattit le roi de France. »160

Dicton (1047). Histoire du château et des sires de Saint-Sauveur-Le-Vicomte (1867), Léopold Delisle

Ce roi de France est Henri Ier, fils de Robert le Pieux, suzerain et allié du jeune duc de Normandie Guillaume, venu lui demander appui contre ses barons normands révoltés.

Les armées de Guillaume et du roi de France se heurtent aux révoltés près de Caen, au Val-des-Dunes. Parmi les barons, un chevalier du Cotentin désarçonne le roi – d’où ce dicton. Mais il est aussitôt tué par les chevaliers entourant le roi. Guillaume et Henri Ier l’emportent, le duc de Normandie reprend le contrôle de son duché.

Inquiet de la puissance de son vassal, le roi se retournera contre lui, ce qui lui vaudra plusieurs défaites (Mortemer en 1054, Varaville en 1058).

« De deux maux, on doit toujours choisir le moindre. »194

GUILLAUME de TUDÈLE (fin XIIe-début XIIIe siècle), Chanson de la croisade albigeoise. La Chanson de la croisade contre les Albigeois (posthume, 1879), commencée par Guillaume de Tudèle et continuée par un poète anonyme

Le goût du combat et du martyre n’est pas donné à tous. Ainsi, les gens de Castelsarrasin se rendirent aux croisés venus les assiéger (août 1212), empruntant aux bourgeois d’Agen ce précepte devenu proverbe : «  Dels dos mals, le mens mal deu om tots temps trier.  »

De nombreux seigneurs locaux, privés de leurs biens, font mine de se soumettre. On les appelle « faydits » – fuyards ou dépossédés, en langue d’oc. D’autres se joignent aux hérétiques et c’est aussi une manière de se rebeller contre Philippe Auguste, ce roi capétien dont l’autorité n’est pas encore reconnue.

La politique se mêle plus que jamais à la religion, la confusion est immense, la situation s’aggrave. Les bûchers succèdent aux massacres, pour le plus grand malheur du Midi de la France, qui en garde aujourd’hui encore la mémoire.

« Roi ne suis, ni prince, ni duc, ni comte aussi,
Je suis le sire de Coucy. »206

Devise des COUCY, noble famille de Picardie. Citations historiques expliquées : des origines à nos jours (2011), Jean-Paul Roig

Enguerrand III de Coucy, dit le Grand ou le Bâtisseur, qui combattit à Bouvines auprès de Philippe Auguste, participe aux révoltes féodales, durant la minorité de Louis IX, entre 1226 et 1234.

Après sa mort accidentelle en 1243 et celle de son fils Raoul II au cours de la septième croisade (à la Mansourah), Enguerrand IV recueillera l’héritage familial.

Cette fière devise familiale résonne comme celle des princes de Rohan (maison de Bretagne aux multiples branches) : « Roi ne puis, duc ne daigne, Rohan suis. »

« Fluctuat nec mergitur. »
« Il est battu par les flots mais ne sombre pas. »222

Devise des marchands d’eau (1268). Encyclopédie Larousse, article « Devise »

Un siècle plus tard, cette devise deviendra celle de Paris.

« Nous qui voulons toujours raison garder. »229

PHILIPPE IV le Bel (1268-1314), Lettre au roi d’Angleterre Édouard Ier, 1er septembre 1286. Histoire de la France (1947), André Maurois

Le proverbe reste, débarrassé du « nous » royal, mais gardant l’inversion quelque peu vieille France : « Il faut toujours raison garder. »

Philippe le Bel écrit ces mots à 18 ans, son destinataire en a 47. L’un des premiers actes du jeune roi est de rendre à son « cousin » une partie des terres lui revenant (entre Quercy, Limousin et Saintonge), au terme d’un précédent traité non appliqué. Le roi d’Angleterre, par ailleurs duc de Guyenne, est vassal du roi de France pour toutes ses possessions dans le pays, d’où des relations complexes – il faut ménager la susceptibilité de l’un ou l’autre souverain !

Cette lettre fait suite à la visite d’Édouard Ier venu à Paris rendre hommage à son suzerain, et à divers remous diplomatiques.

Le même précepte est repris par Philippe le Bel dans ses Enseignements aux dauphins.

Dans le même esprit, Richelieu dira plus tard : « La raison doit être la règle et conduite d’un État. » Et Louis XIV soumettra toute sa vie à la « raison d’État, qui est la première des lois mais la plus inconnue et la plus obscure à ceux qui ne gouvernent pas. »

« Memento finis. »
« Songe à ta fin. »246

Devise des Templiers. Règle et statuts secrets des Templiers (1840), Charles Hippolyte Maillard de Chambure

On peut aussi la traduire par « Pense à ton but ».

Après sa lutte finalement victorieuse contre le Saint-Siège, puis sur les Flamands, la suppression de l’ordre des Chevaliers de la milice du Temple sera l’un des grands desseins du règne de Philippe le Bel. Une longue Affaire, un vrai feuilleton judiciaire.

« Boire comme un Templier. »
« Jurer comme un Templier. »249

Expressions populaires, au début du XIVe siècle. Le Livre des proverbes français, tome I (1842), Antoine-Jean-Victor Le Roux de Lincy

Dictons toujours cours, même si l’on en oublie l’origine.

Ils donnent une faible idée des vices, crimes et péchés que la rumeur publique prêtait aux chevaliers. « Le Temple avait pour les imaginations un attrait de mystère et de vague terreur. Les réceptions avaient lieu, dans les églises de l’ordre, la nuit et portes fermées. On disait que si le roi de France lui-même y eût pénétré, il n’en serait pas sorti » (Jules Michelet, Histoire de France).

La rumeur est entretenue par le chancelier Nogaret. Le roi a décidé d’éliminer cet « État dans l’État », car les Templiers ne dépendent que de l’autorité du pape. Il veut aussi récupérer une part de leur fortune – le fameux « trésor ». L’opération secrète sera vite et bien menée. Mais procès, interrogatoires, supplices et exécutions suivront.

« À déshonneur meurt à bon droit qui n’aime livre. »268

Proverbe du Moyen Âge, tiré du Roman de Renart

C’est dire la place primordiale réservée au savoir.

Paris s’enorgueillit du fait que les étudiants forment plus de la moitié de la population, à l’époque des règnes de Jean II le Bon et Charles V le Sage (entre 1350 et 1380).

« Qui m’aime me suive ! »279

Philippe VI de VALOIS (1294-1350), avant la bataille du mont Cassel, 23 août 1328. Les Proverbes : histoire anecdotique et morale des proverbes et dictons français (1860), Joséphine Amory de Langerack

Première source de cette expression fameuse : les Grandes Chroniques de France de l’abbaye de Saint-Denis. C’est le « roman des roys », entrepris à la demande de Louis IX, précieux manuscrit enrichi d’enluminures, compilation de documents, qui nous conte l’histoire de la monarchie, des origines jusqu’à la fin du XVe siècle.

Devenu régent à la mort de Charles IV, Philippe de Valois, neveu de Philippe le Bel, s’est fait couronner roi le 29 mai 1328, la veuve de Charles IV ayant mis au monde une fille posthume, écartée du trône par la loi salique.

Le roi veut aider Louis Ier de Nevers, comte de Flandre, qui fait appel à lui pour mater la révolte des Flamands sur ses terres. Il prend conseil auprès des barons qui l’ont élu le 29 mai dernier, mais qui protestent, trouvant la saison trop avancée dans l’été pour partir en campagne. Mieux vaut attendre. Le connétable de France, Gautier de Châtillon, n’est pas de cet avis et le dit bien haut : « Qui a bon cœur trouve toujours bon temps pour la bataille. »

À ces mots, le roi embrasse son connétable (chef des armées) et lance cet appel : « Qui m’aime me suive ! » Et tous les barons le suivent. L’autorité de ce premier Valois encore contesté s’en trouve renforcée.

« Rien ne m’est plus, plus ne m’est rien. »320

Valentine VISCONTI (1368-1408), duchesse d’Orléans, janvier 1408. Sa devise. Chroniques (posthume, 1826), Enguerrand de Monstrelet

Elle a vainement demandé justice auprès du roi, suite à l’assassinat de son mari. Elle prend cette triste devise inscrite sur la dalle mortuaire, et va sans fin se recueillir devant le gisant du duc. Elle mourra l’année suivante.

Mais auparavant, la veuve et son fils Charles d’Orléans veulent venger cette mort. Charles a épousé la fille du comte d’Armagnac et ils vont pouvoir compter sur les routiers gascons, mercenaires du comte. Ainsi commence la guerre civile entre Armagnacs et Bourguignons, qui va ensanglanter durablement la France déjà malade de la Guerre de Cent Ans.

« Dieu premier servi. »339

JEANNE D’ARC (1412-1431), devise. Jeanne d’Arc : le pouvoir et l’innocence (1988), Pierre Moinot

Ni l’Église, ni le roi, ni la France, ni rien ni personne d’autre ne passe avant Lui, « Messire Dieu », le « roi du Ciel », le « roi des Cieux », obsessionnellement invoqué ou évoqué par Jeanne, aux moments les plus glorieux ou les plus sombres de sa vie. C’est la raison même de sa passion, cette foi forte et fragile, à l’image du personnage.

« À cœur vaillant, rien d’impossible. »360

Jacques CŒUR (vers 1395-1456), devise. Le Grand Cœur (2012), Jean-Christophe Rufin

Elle illustre à merveille l’esprit d’entreprise sans limite de cet homme d’affaires aux multiples activités (banque, change, mines, métaux précieux, épices, sel, blé, draps, laine, pelleterie, orfèvrerie), banquier de Charles VII et qui finança comme tel la reconquête de la Normandie en 1449.

Maître des monnaies en 1436, argentier du roi en 1440, puis conseiller en 1442, chargé de missions diplomatiques à Rome, Gênes, il aide aussi le roi à rétablir une monnaie saine et à redonner vie au commerce français.

Soupçonné de malversations et crimes vrais ou supposés (et même d’avoir empoisonné Agnès Sorel, maîtresse du roi, morte le 9 février 1450), il est arrêté en 1451 et condamné par une commission extraordinaire le 29 mai 1453 : confiscation de ses biens et amende de 400 000 écus. En 1454, il s’évade de prison, se fait innocenter par le Pape Calixte III qui lui confie le commandement d’une flotte pour guerroyer contre les Turcs. Il meurt en croisade à Chio, en 1456.

Son éphémère fortune symbolise la génération des nouveaux riches, issue de la guerre de Cent Ans. Mais cette vie en forme de roman d’aventures, qui a frappé ses contemporains, fait de lui un personnage de la proche Renaissance.

« Il faut faire suer les écus. »371

Maxime sous Louis XI. Citations, proverbes et dictons de chez nous (2004), Julie Bardin

Les marchands français ont soif de profit et les hommes du XVe siècle sont surtout sensibles à l’aspect monétaire de l’économie. Pour eux, le vrai signe de la richesse est la possession du numéraire.

Pendant le règne de Louis XI, la relance de l’économie continue, sur sa lancée amorcée par Charles VII. Les grandes foires se multiplient. Des industries se créent ou se développent. Jean Gobelin laissera son nom à l’art de la tapisserie. L’imprimerie est introduite à Lyon et à Paris, où la Sorbonne en sera la première dotée (1470). Le roi nomme un « visiteur général des mines » et on prospecte en Roussillon. L’industrie de la soie est créée à Lyon, puis à Gours, ce qui permet d’économiser 500 000 écus d’or d’importation. Louis XI fera publier près de 70 règlements de métiers : le système corporatif est pour lui un moyen de domination et de contrôle par l’État.

« Divide ut regnes. »
« Divise afin de régner. » « Diviser pour régner. »275

Fleurs latines des dames et des gens du monde ou clef des citations latines (1850), Pierre Larousse

Cette maxime politique, énoncée à la Renaissance par Machiavel, fut déjà celle du Sénat romain, et sera reprise par Catherine de Médicis.

Avec cette autre maxime : « Qui nescit dissimulare, nescit regnare » (« Celui qui ne sait pas dissimuler, ne sait pas régner »), on a la clé de toute la politique du personnage réaliste et rusé, à la diplomatie retorse, aux manœuvres sans scrupules, et qui va briser le pouvoir des grands seigneurs féodaux, pour ouvrir les portes de l’ère moderne.

« Qui s’y frotte, s’y pique. »277

LOUIS XI (1423-1483), devise. Citations historiques expliquées : des origines à nos jours (2011), Jean-Paul Roig

Louis XII prendra la même devise, mais associée au porc-épic. De sorte qu’il y a parfois confusion, dans certaines sources, entre les deux symboles et les deux rois.

Louis XI se fait craindre et se soucie peu de se faire aimer, à l’image du chardon – ou du fagot d’épines. Il passe pour égoïste et parcimonieux, voire avare, indifférent à ses deux femmes, Marguerite d’Écosse qui se ronge de chagrin et Charlotte de Savoie qui ne fut guère plus heureuse.

Il est détesté des grands féodaux, avec qui il a d’ailleurs comploté contre son père, du temps où il était dauphin et si impatient de régner. Ils ne cessèrent de comploter contre lui et il les combattit sans relâche pour le bien de la Couronne. Accomplissant ainsi son devoir de prince, et quels que soient les moyens utilisés, Louis XI est en cela un grand roi pour la France.

2. Renaissance et guerres de Religion.

« France, mère des arts, des armes et des lois ! »390

Joachim du BELLAY (1522-1560), Les Regrets (1558)

Poète inspiré par l’amour du pays et qui renonce à la carrière militaire pour les vers.

La trilogie « des arts, des armes et des lois » résume fort bien l’histoire de cette époque si riche, si contrastée : « Le dialogue tour à tour sanglant et serein qu’on appela Renaissance » (Malraux, Les Voix du silence). « L’aimable mot de Renaissance ne rappelle aux amis du beau que l’avènement d’un art nouveau et le libre essor de la fantaisie ; pour l’érudit, c’est la rénovation des études de l’Antiquité ; pour les légistes, le jour qui commence à luire sur le discordant chaos de nos vieilles coutumes » (Michelet, Histoire de France).

« Un roi, une foi, une loi. »395

Guillaume POSTEL (1510-1581). Dictionnaire universel (1727), Antoine Furetière

Autre trilogie : cette association de trois mots est une formule récurrente qui a un bel avenir dans notre Histoire, jusqu’à la « sainte trinité révolutionnaire ».

À l’origine, l’adage était : « Une foi, une loi, un roi » : la loi divine passait avant les lois royales. On a dit ensuite : « Un seul seigneur, une seule foi, un seul baptême ». Cette formule qui a cours au Moyen Âge (venant sans doute de saint Paul dans l’épître aux Éphésiens) désigne le Seigneur Dieu.

Postel, professeur de grec, d’hébreu et d’arabe au Collège royal (futur Collège de France) créé par François Ier, substitue le seigneur royal au seigneur divin et la « loi » au « baptême ». Timide début de laïcisation, même si royauté et religion se fondent toujours l’une l’autre.

« La maison est à l’envers lorsque la poule chante aussi haut que le coq. »408

Noël du FAIL (vers 1520-1591), Contes et Discours d’Eutrapel. Bestiaire ethno-linguistique des peuples d’Europe (2002), Michel Praneuf

Ce dicton du XVIe siècle inspire Molière dans Les Femmes savantes : « La poule ne doit point chanter devant le coq. »

Et selon Montaigne : « La plus utile et honorable science et occupation à une femme, c’est la science du ménage. » Cependant, les femmes tiennent une place importante dans la vie politique de ce temps : mères ou sœurs de rois – Anne de Beaujeu, Louise de Savoie, Catherine de Médicis – qui deviennent régentes quand leurs fils ou leurs frères partent à la guerre ou sont trop jeunes pour gouverner ; maîtresses ou sœurs royales – Diane de Poitiers, Marguerite d’Angoulême – qui jouent volontiers les reines et les mécènes. Jeanne d’Albret, Marie Stuart, Marguerite de France seront aussi des personnages de femme très différents, mais remarquables.

«  Malo mori quam fœdari.  »
« Plutôt mourir que se déshonorer. »240

ANNE de BRETAGNE (1476-1514), sa devise

Ou encore « Je préfère la mort à la souillure » - et elle prend pour symbole la blanche hermine.

Fille de François II, dernier duc de Bretagne auquel elle succède le 9 septembre 1488 (âgée de 13 ans) à la tête du duché de Bretagne. C’est le début d’une vie publique (et privée) fort mouvementée, pour une femme de grand caractère qui deviendra (deux fois) reine de France.

«  Voluntas Dei. Missus a Deo. »
« Volonté de Dieu. Envoyé de Dieu. »424

Charles VIII l’Affable (1470-1498), devise sur ses étendards entrant dans Rome, fin 1494. Histoire de France depuis les origines jusqu’à la Révolution (1911), Ernest Lavisse, Paul Vidal de La Blache

De 1492 à 1559, la France va se lancer dans 11 guerres d’Italie. Charles VIII est le premier de nos rois qui succombe au mirage italien.

Affichant sa fière devise, le roi de France se prend pour un nouveau croisé, d’ailleurs appelé par l’Italie en plein chaos politique, avec ses cinq États qui se déchirent entre eux et une poussière de principautés.

Cinq mois de marche triomphale pour traverser l’Italie avec 36 000 hommes, dont 10 000 mercenaires suisses et allemands. Presque sans combattre, le voilà aux portes de Rome, le 31 décembre 1494 : « Le roi entra dans Rome plus triomphalement et mieux accompagné que ne fit aucun prince qui soit en la mémoire de ceux qui sont vivants », selon le témoignage d’un des gentilshommes de Louis d’Orléans – libéré, réconcilié avec Charles VIII, le futur Louis XII fait partie de l’expédition.

« Nutrisco et exstinguo. »
« Je le nourris et je l’éteins. »436

FRANÇOIS Ier (1494-1547), devise accompagnant la salamandre sur ses armes. Encyclopédie théologique (1863), abbé Jean Jacques Bourasse

Allusion à l’ancienne croyance selon laquelle cet animal est capable de vivre dans le feu et même de l’éteindre. Depuis un siècle, les rois de France ont des emblèmes personnels souvent associés à un animal : le lion pour Charles VI le Fou, le cerf ailé pour Charles VII et Charles VIII, le porc-épic pour Louis XII. La salamandre se marie bien à cette Renaissance où la frontière est floue entre nature et surnature, chimie et alchimie, astronomie et astrologie. On croit l’air et l’onde peuplés de démons – même le très savant Ambroise Paré, fondateur de la science médicale et médecin des rois !

« Car tel est notre plaisir. »437

FRANÇOIS Ier (1494-1547). L’Art de vérifier les dates (1818), David Bailie Warden.

Ou encore : « Car ainsi nous plaît-il être fait. »

Après sept jours de règne, ce sont des formules royales qui disent assez la volonté de pouvoir du nouveau roi. Celui que sa mère Louise de Savoie appelle son « César triomphant », et les Italiens « Sa Majesté » (à l’égal de l’empereur), ne convoquera jamais les États généraux, en trente-deux années de règne. Il crée le Conseil secret (dit aussi Conseil étroit, ou Conseil des affaires) : « Ce conseil est nouveau et fut introduit par François Ier qui avait en haine les conseils trop nombreux et qui fut le premier à prendre de son chef les grandes décisions », écrira l’ambassadeur de Venise Michel Suriano en 1561. La cour elle-même, fort brillante, peuplée d’artistes, de poètes, de nobles venus de leurs terres de province, d’étrangers accourus (souvent d’Italie) et de dames aussi belles que fastueuses, devient un instrument du règne de ce personnage séduisant et léger, aussi galant avec les femmes que brave au milieu des soldats.

« Guerre faite sans bonne provision d’argent n’a qu’un soupirail de vigueur. Les nerfs des batailles sont les pécunes. »465

François RABELAIS (vers 1494-1553), Gargantua (1534)

Moine et médecin, Rabelais a créé le géant Pantagruel, et deux ans plus tard, Gargantua, son géant de père. Des cinq livres de son œuvre, c’est le plus polémique : il aborde des questions sérieuses, comme la guerre. Il ridiculise le roi Picrochole, sa folie ambitieuse qui le pousse aux guerres de conquête (Charles Quint est visé), et l’oppose au bon roi Grandgousier, pacifique et prudent, conscient de ses devoirs vis-à-vis de ses sujets et animé d’une vraie fraternité chrétienne. Mais pour mener cette politique, il faut être fort, donc disposer d’une armée permanente – allusion à la politique militaire de François Ier.

On note au passage l’origine de l’expression « nerf de la guerre » – ou sa réapparition, Thucydide en ayant usé, dans son Histoire de la guerre du Péloponnèse, au Ve siècle avant J.-C. La métaphore va faire fortune dans l’histoire : les guerres sans fin recommencées sont ruineuses. Le XVIe siècle bat néanmoins le record historique de quatre-vingt-cinq années de guerre en Europe, avec des effectifs croissants et des armes toujours perfectionnées.

« L’appétit vient en mangeant, disait Angest on Mans, la soif s’en va en buvant. »467

François RABELAIS (vers 1494-1553), Gargantua (1534)

C’est devenu un proverbe, au même titre et dans le même esprit « rabelaisien » que « Fais ce que voudras », seule règle morale de l’abbaye de Thélème, première utopie de notre littérature.

Outre la guerre et l’éducation, la religion est l’une des graves questions traitées dans ce livre.

Rabelais, moine cordelier, puis bénédictin, curieux de tout, passionné de grec et de latin, bien que prônant l’usage du français, est pour la nouvelle doctrine évangélique, avec les humanistes du Collège royal et contre la Sorbonne – qui en 1523 lui confisqua ses livres de grec, interdiction étant faite d’étudier l’Écriture sainte dans les textes originaux.

Rabelais parle ici de Jérôme de Hangest, évêque du Mans (mort en 1538) et gardien de l’orthodoxie. Les mauvaises mœurs dans l’Église sont l’une des raisons de la Réforme. Le sérieux Calvin lui-même les dénonce en s’adressant au roi, en 1536 : « Contemplez d’autre part nos adversaires […] Leur ventre leur est pour dieu, la cuisine pour religion. » Mais Rabelais comme Calvin et leurs amis « hérétiques » vont devoir quitter Paris après une nouvelle provocation.

« Faux comme diamant du Canada. »474

Proverbe né dans les années 1540. Champlain : la naissance de l’Amérique française (2004), Raymonde Litalien, Denis Vaugeois

L’expression traduit la déception de la France et de Jacques Cartier, le découvreur du Canada, à la vue de ce qu’il rapporte de sa troisième expédition (1541) en Amérique du Nord : ni or ni diamants, mais de la pyrite et du mica.

Le beau nom de Cap-Diamant restera, désignant l’extrémité est de la colline de Québec, où se situe la Haute-Ville. Et le proverbe peu flatteur est encore en usage, même si l’origine en est souvent oubliée.

Après une première tentative de colonisation française en 1542 (Roberval), la véritable installation en Nouvelle-France se fera sous Henri IV (avec Samuel Champlain, fondateur du Québec, en 1608).

Dans cette conquête outre-Atlantique, la France va se heurter à un nouveau rival : l’Angleterre, prête à devenir l’autre grande puissance en Europe.

« Divide ut regnes. »
« Divise, afin de régner. »498

CATHERINE DE MÉDICIS (1519-1589), maxime politique

Autre formulation et même signification : «  Divide et Impera. » Cette maxime énoncée par Machiavel fut celle du Sénat romain, mais aussi de Louis XI et de la nouvelle régente en 1560. Catherine de Médicis, après presque trente années d’effacement derrière le roi, les favorites et les conseillers, va gouverner la France pendant près de trente autres années, marquées par les guerres de Religion.

« Doux est le péril pour Christ et le pays ! »510

Prince Louis de CONDÉ (1530-1569), mort à Jarnac, 13 mars 1569. Sa devise. La Célèbre Bataille de Jarnac, racontée par Agrippa d’Aubigné (alors âgé de 17 ans)

Troisième guerre de Religion : Condé (le Prince) et Coligny (l’Amiral) sont les deux chefs, convertis au calvinisme, mais modérés – ils ont refusé de participer à la conjuration d’Amboise (1560). Catherine de Médicis veut les faire enlever, ils se réfugient à La Rochelle, qui devient une place forte protestante.

Condé prend la tête, avec sa fière devise sur ses étendards et malgré une jambe brisée par un cheval. Battu et blessé par l’armée du duc d’Anjou (frère du roi et futur Henri III), il se rend, avant d’être assassiné au mépris des lois de la chevalerie : d’un coup de pistolet dans la nuque, tiré par le capitaine des gardes.

(À noter que l’expression « coup de Jarnac » trouve son origine ailleurs, dans un duel de 1547, entre le favori du roi Henri II et le baron de Jarnac, qui lui trancha le jarret d’un coup d’épée fatal.)

Coligny réussit à sauver 6 000 hommes, noyau de la nouvelle armée protestante. Henri de Navarre (futur Henri IV), présent à la bataille, devient à 16 ans le chef des réformés.

« L’argent est le nerf de la guerre. »512

CATHERINE DE MÉDICIS (1519-1589), Lettre à l’ambassadeur d’Espagne, août 1570. Histoire de la France et des Français (1972), André Castelot, Alain Decaux

La « petite phrase » de Rabelais dans Gargantua (selon qui « les nerfs des batailles sont les pécunes ») va faire fortune dans l’histoire. Au XVIe siècle, tous les souverains d’Europe ont d’énormes besoins d’argent pour leurs guerres qu’il faut sans cesse faire, ou préparer (record historique de quatre-vingt-cinq années de guerre en ce siècle). Elles coûtent de plus en plus cher, avec le développement des armes à feu, l’entretien d’armées permanentes, des effectifs croissants – le temps n’est plus des « grandes batailles » du Moyen Âge qui se livraient entre quelques milliers d’hommes (Crécy, Azincourt). Cependant, l’on n’atteint pas encore les 400 000 soldats de Louis XIV, ni les 4 millions de mobilisés de 1914 (pour un pays seulement deux fois plus peuplé).

Il faut que la France soit très riche et pleine de ressources pour s’être si longtemps battue, et retrouver en dix ans une prospérité certaine, au début du XVIIe siècle.

« Un Roi, une Loi d’État, une Patrie. »576

Jean de SERRES (1540-1598), Inventaire de l’histoire de France (1597)

Historiographe de France et protestant modéré, pensionné par Henri IV, il tire les leçons d’un siècle et demi de consolidation du pouvoir monarchique. Cette maxime succède à l’ancienne triade « Foi, loi, roi ». Et de Serres précise la nature de cette patrie qui remplace la foi : « Une terre, un air, une naissance, un intérêt commun et de bien et de mal, de paix et de guerre ».

« Roy ne puis, prince ne daigne, Rohan suis. »746

Fière devise d’Henri II, duc de ROHAN (1579-1638) - et de toute la célèbre « maison » des Rohan

C’est la dernière période de l’histoire où les Grands ont ce pouvoir de soulever la France et de traiter avec l’ennemi presque en toute impunité – Condé, Turenne entre autres.

Grande famille princière du duché de Bretagne, la maison de Rohan est en cela « exemplaire » : Henri, duc de Rohan, chef du parti protestant, a soutenu trois guerres contre Louis XIII, avant de se rallier et de combattre dans l’armée royale. Le jeune Tancrède participe à la Fronde comme tant de Grands du royaume, et y trouvera la mort. Louis, dit le chevalier de Rohan, célèbre par ses aventures amoureuses (ravisseur d’Hortense Mancini et amoureux de la marquise de Montespan), conspire contre Louis XIV avec les Hollandais et sera exécuté.

On comprend que Louis XIV se méfie de la noblesse : sous son « règne de vile bourgeoisie » (Saint-Simon), les grands seigneurs n’ont plus accès aux hautes fonctions gouvernementales.

3. Siècle de Louis XIV.

« Ultima ratio regum. »
« Dernier argument des rois. »817

LOUIS XIV (1638-1715), devise gravée sur ses canons

Concise et précise, la devise est une bonne citation historique. Celle-ci donne une clé de la politique extérieure du règne et du personnage.

La guerre est l’une des passions du roi, la victoire étant ce qui peut le mieux servir sa gloire. D’où trente-trois années de guerre sur un règne personnel de cinquante-quatre ans. Mais ses contemporains sont du même avis : un roi guerrier fait son métier de roi.
Louis XIV va poursuivre trois buts qu’on nommerait aujourd’hui géopolitiques : prééminence de la France dans le monde, frontière stratégique assurée au nord-est, visées sur la prochaine succession d’Espagne.

Il se donnera les moyens de sa politique : grands diplomates (Lionne, Pomponne, de Torcy, le neveu de Colbert), réorganisation militaire conduite par Louvois, effectifs considérables pour une armée de métier (passant de 72 000 hommes en 1667 à 400 000 en 1703), marine de guerre développée par Colbert (La Royale a 18 vaisseaux en 1661, 276 en 1683), places fortes créées ou renforcées par Vauban.

« Selon que vous serez puissant ou misérable
Les jugements de cour vous rendront blanc ou noir. »842

Jean de LA FONTAINE (1621-1695), Fables, Les Animaux malades de la peste (1678)

La Fontaine se sert « d’animaux pour instruire les hommes », mais aussi pour faire une satire de son époque, comme Molière et La Bruyère. Nombre de proverbes restés célèbres sont copiés-collés des moralités de ses Fables :

  • Tout flatteur vit aux dépens de celui qui l’écoute (Le Corbeau et le Renard)
  • La raison du plus fort est toujours la meilleure (Le Loup et l’Agneau)
  • Si ce n’est toi, c’est donc ton frère. (ibidem)
  • Je plie et ne romps pas. (Le Chêne et le Roseau)
  • On a souvent besoin d’un plus petit que soi. (Le Lion et le Rat)
  • Est bien fou du cerveau qui prétend contenter tout le monde et son père. (Le Meunier, son Fils et l’Âne)
  • Ils sont trop verts et bons pour des goujats. (Le Renard et les Raisins)
  • La méfiance est mère de la sûreté. (Le Chat et un vieux Rat)
  • Petit poisson deviendra grand pourvu que Dieu lui prête vie (Le Petit Poisson et le Pêcheur)
  • Un tiens vaut mieux que deux tu l’auras. (ibidem)
  • Rien ne sert de courir ; il faut partir à point. (Le Lièvre et la Tortue)
  • Aide-toi, le Ciel t’aidera. (Le Chartier embourbé)
  • Tel est pris qui croyait prendre. (Le Rat et l’Huître)
  • Amour, Amour, quand tu nous tiens / On peut bien dire : Adieu prudence. (Le Lion amoureux)
  • Il ne faut jamais vendre la peau de l’ours avant de l’avoir tué (L’Ours et les deux compagnons).

Cette liste (non exhaustive) fait de notre fabuliste national le plus grand auteur de proverbes… à ceci près qu’il les a presque tous empruntés à d’autres auteurs. Mais le « plagiat » était une pratique littéraire courante (et légale) : La Fontaine s’est souvent inspiré de ses confrères - Ésope, mais aussi Phèdre, Pline et autres modèles antiques - pour faire mieux encore. Là est tout son génie.

« Nec pluribus impar.  »
« Supérieur à tous. »853

LOUIS XIV (1638-1715), sa devise

« Non inférieur (ou : inégal) à plusieurs (ou : au plus grand nombre) » – c’est littéralement intraduisible ! On peut quand même essayer, en recourant à une litote. D’autres traductions existent, signées d’historiens. Pierre Larousse, auteur du dictionnaire, pose la question et avoue qu’il n’y a pas de réponse claire, même pas celle de Louis XIV dans ses Mémoires : « Je suffirai à éclairer encore d’autres mondes. »

En tout cas, la devise latine accompagne l’emblème choisi lors de la fête du Carrousel, en juin 1662 : le Soleil. Ainsi se développe une mystique d’origine divine, mais en réalité bien païenne, du « Roi-Soleil », personnage supraterrestre, dont le culte atteint son apogée avec l’installation de Louis XIV à Versailles, en 1882.

« Quo non ascendet ? »
« Jusqu’où ne montera-t-il pas ? »858

Nicolas FOUQUET (1615-1680), devise figurant dans ses armes, sous un écureuil

Il monta si haut… que le roi ne put le tolérer.

Fils d’un conseiller au Parlement, vicomte de Vaux, enrichi par le commerce avec le Canada, Nicolas Fouquet achète la charge de procureur général au Parlement de Paris, devient ami de Mazarin, surintendant des Finances, s’enrichit encore, se paie le marquisat de Belle-Isle, y établit une force militaire personnelle et même des fortifications. Au château de Vaux qu’il fait construire, il sera le mécène des plus prestigieux artistes du temps : La Fontaine, Molière, Poussin, Le Vau, Le Brun.

Colbert, qui brigue sa place, apporte la preuve qu’une telle fortune fut acquise au prix de graves malversations. Invité à une fête somptueuse à Vaux, 5 septembre 1661, Louis XIV fait arrêter son surintendant. Premier coup de théâtre du règne.

« Pro rege saepe ; pro patria semper. »
« Pour le roi souvent ; pour la patrie toujours. »862

Jean-Baptiste COLBERT (1619-1683), sa devise

Fils de bourgeois anoblis (drapiers de Reims), Colbert sera l’un des grands « commis de l’État » durant vingt-deux ans, sachant rester au second plan pour ne pas faire ombre au Roi-Soleil.

Homme de dossiers, mais aussi de clan et de famille, il place ses hommes et ses fils, marie ses filles à des ducs, et lutte contre les intrigues du clan Le Tellier, notamment de Louvois, ministre de la Guerre.

Travailleur infatigable, il cumule les postes clés, avec un ambitieux programme pour enrichir le pays : « Il faut rétablir ou créer toutes les industries, même de luxe ; établir le système protecteur dans les douanes ; organiser les producteurs et les commerçants en corporations ; restituer à la France le transport maritime de ses produits ; développer les colonies et les attacher commercialement à la France ; développer la marine militaire pour protéger la marine marchande. »

La France du XVIIe siècle doit son rayonnement international à Colbert. Une disgrâce royale imminente en fin de vie semble plus injuste aux historiens que son impopularité dans le pays.

« Toute ville assiégée par Vauban, ville prise,
Toute ville défendue par Vauban, ville imprenable. »913

Proverbe du vivant de Vauban. Histoire générale du IVe siècle à nos jours (1901), Ernest Lavisse, Alfred Rambaud

Futur maréchal de France, commissaire général des fortifications en 1678, il entoure le royaume d’une ceinture de villes fortifiées (la fameuse « ceinture de fer ») et d’ouvrages isolés (avec des lignes rasantes, moins vulnérables à l’artillerie). Lille devient avec lui « la reine des citadelles », parmi plus de 30 construites et 300 renforcées. Il crée aussi des ports militaires et commerciaux. Vauban souhaite faire de la France un « pré carré » inviolable : c’est la défense du territoire.

Cet ingénieur de génie s’intéresse également aux techniques d’attaque de plus en plus perfectionnées, mais il préfère le mortier au canon, plus mobile et moins vulnérable. Pour limiter le nombre de morts, il veut faire des sièges les plus courts possible et en remporte de nombreux, pendant la guerre de la Ligue d’Augsbourg (dite aussi guerre de Neuf Ans) : Mons avec Louis XIV (1691), Namur (1692), Steinkerque avec le maréchal duc de Luxembourg (1692).

Entre l’attaque et la défense, une anecdote : la seule ville que Vauban n’a pu prendre… a été fortifiée par Vauban. C’est peut-être une légende.

4. Siècle des Lumières.

« Amitié de cour, foi de renards, société de loups. »954

CHAMFORT (1740-1794), Pensées, maximes et anecdotes (posthume, 1803)

La cour reste un microcosme où les places sont chères et les appelés toujours en plus grand nombre que les élus. Mais elle cesse d’être l’appareil d’État comme sous Louis XIV, pour devenir l’instrument des intérêts particuliers de la haute noblesse, lieu de toutes les intrigues, cabales et corruptions sous Louis XV. Pire encore sous Louis XVI : les coteries se font plus insolentes autour de la reine et des frères du roi, cependant que les scandales éclaboussent le trône.

« Laissez faire, laissez passer. »968

Maxime résumant la doctrine et la politique économique libérales, attribuée à François QUESNAY (1696-1774) et reprise par Adam SMITH (1723-1790)

François Quesnay, par ailleurs médecin de Louis XV, fonde la première école de pensée libérale – les physiocrates – et expose sa doctrine dans le Tableau économique (1758). Selon lui, seule l’agriculture est source de la richesse qui se répartit dans le corps social : il encourage donc son développement, tout en prônant le libre-échange et la libre circulation des grains à l’intérieur du royaume.

Il développe également sa théorie dans deux articles de l’Encyclopédie : Fermier (1756), Grains (1757). La physiocratie aura son homme au pouvoir en la personne de l’intendant Turgot, ministre sous Louis XVI, mais trop peu de temps et trop tard pour mettre en œuvre d’indispensables réformes allant à l’encontre de vieux privilèges.

« La société qui rapetisse beaucoup les hommes réduit les femmes à rien. »976

CHAMFORT (1740-1794), Pensées, maximes et anecdotes (posthume, 1803)

Les femmes furent souvent l’ornement de ce siècle raffiné : favorites, figurantes, élégantes, de la cour de Versailles aux jardins du Palais-Royal et de salons littéraires en boutiques de mode. « Je me mariai pour aller dans le monde et voir le bal, la promenade, l’opéra, la comédie », dit la comtesse d’Houdetot qui inspire à Rousseau sa Julie, héroïne de La Nouvelle Héloïse, roman épistolaire. Rappelons que de tous les philosophes du siècle, Jean-Jacques est le seul asocial, à un point quasi maladif.

« La société est composée de deux grandes classes : ceux qui ont plus de dîners que d’appétit et ceux qui ont plus d’appétit que de dîners. »984

CHAMFORT (1740-1794), Pensées, maximes et anecdotes (posthume, 1803)

Cette vérité, valable sans doute en tout temps et tout lieu, s’impose plus cruellement à la fin de l’Ancien Régime où les riches (privilégiés) se sont enrichis, sans que les pauvres (surimposés) aient eu leur juste part de la prospérité économique du pays.

« Un homme d’esprit me disait l’autre jour que le gouvernement de la France était une monarchie absolue tempérée par des chansons. »993

CHAMFORT (1740-1794), Pensées, maximes et anecdotes (posthume, 1803)

Au siècle de Louis XIV, la chanson (le plus souvent anonyme) était l’une des rares formes d’opposition possibles. Au siècle des Lumières, elle garde cette fonction. Parlant du peuple dans ses Principes de politique des souverains, Diderot écrit : « Il faut lui permettre la satire et la plainte : la haine renfermée est plus dangereuse que la haine ouverte. » Avec la masse des pamphlets et libelles polémiques et parfois orduriers dont l’époque se fit l’écho, on a pu parler de ces « basses Lumières » qui sapent les bases du régime presque aussi sûrement que les pensées philosophiques.

« Les mortels sont égaux, ce n’est pas la naissance
C’est la seule vertu qui fait la différence. »1029

VOLTAIRE (1694-1778), Mahomet ou Le Fanatisme (1741)

Ces deux vers seront « la citation reine de la Révolution » (Mona Ozouf). Pour les révolutionnaires, tout n’est pas bon à prendre chez ce courtisan porté à l’hédonisme et fort peu enclin à la démocratie, à l’égalité sociale, à la révolution du genre « table rase ». Mais l’on met volontiers Voltaire en slogans, prenant de-ci de-là, dans des tragédies aujourd’hui oubliées, quelques vers bien frappés, sonores comme des médailles : « Je porte dans mon cœur / La liberté gravée et les rois en horreur. » Ou encore : « Si l’homme a des tyrans, il doit les détrôner. » Ou : « À tous les cœurs bien nés, que la patrie est chère. » On ne citerait pas ainsi Montesquieu ou Rousseau, auteurs de systèmes plus cohérents sur le fond, mais pesants dans leur forme.

« Il a travaillé, il a travaillé, pour le roi de Prusse. »1150

Refrain, devenu proverbe, et signifiant travailler pour rien. Chanson sur la défaite de Soubise à Rossbach (en Prusse) (1757). Dictionnaire des citations du monde entier, Marabout (1976)

Frédéric II, roi de Prusse, allié à l’Angleterre, a infligé avec ses 20 000 hommes une défaite honteuse à l’armée franco-autrichienne trois fois plus nombreuse : il devient Frédéric le Grand pour l’histoire.

C’est un « despote éclairé », au même titre que Catherine II de Russie, Gustave III de Suède, Maximilien III de Bavière et autres souverains d’Europe. Il a fastueusement invité Voltaire à sa cour. Mais la Prusse a mauvaise presse, après ses deux trahisons : rupture d’alliance avec la France en 1742 et de nouveau en 1756, Frédéric II signant avec l’Angleterre le traité de Westminster.

Autre explication possible du proverbe : les rois de Prusse ne paient que de maigres soldes aux soldats, et jamais le 31e jour d’un mois. Il y a enfin le mot de Voltaire, après le traité d’Aix-la-Chapelle (1748), la France rendant ses conquêtes en échange de rien.

De toute manière, l’expression a une origine historique et son humour est bien daté de ce siècle.

« Après nous, le déluge. »1151

Marquise de POMPADOUR (1721-1764), à Louis XV, fin 1757. Dictionnaire des citations françaises et étrangères, Larousse

La marquise tente de réconforter le roi, de nature toujours mélancolique, de surcroît fort affecté par la défaite de son favori et de son armée à Rossbach, le 5 novembre. « Il ne faut point vous affliger : vous tomberiez malade. Après nous, le déluge. » Le mot fut attribué à la favorite pour illustrer l’indifférence et l’égoïsme qu’on lui prêtait.

Le mot est aussi attribué au roi, pour les mêmes raisons, mais dans un autre contexte. Il parle du Dauphin et signifie un peu légèrement qu’il se moque bien ce qu’il adviendra de la France, quand lui-même sera mort. Voltaire le cite, pour stigmatiser « cet égoïste de droit divin » qui n’aime rien et que tout ennuie (Édouard de Pompery, Le Vrai Voltaire, 1867).

Troisième explication : l’astronome Maupertuis avait annoncé pour 1758 le retour de la comète de Halley, censée provoquer un déluge. Et les plus fatalistes de s’exclamer : « Après nous, le déluge. »

« Plus d’Anglais dans la péninsule ! »1156

LALLY-TOLLENDAL (1702-1766), devise du commandant du corps expéditionnaire envoyé en Inde (1760). Lally-Tollendal : la fin d’un empire français aux Indes sous Louis XV, d’après des documents inédits (1887), Tibulle Hamont

Brave soldat, il tente de sauver les comptoirs français menacés par les Anglais.

« Je me borne seulement à vous retracer ma politique en trois mots ; ils sont sacramentaux : Plus d’Anglais dans la péninsule. Vous vous mettrez donc en marche, sitôt cet ordre reçu, avec tous les Européens qui sont à vos ordres, cavalerie et infanterie. »

Mais borné, ignorant tout de la politique indigène, autoritaire et mal conseillé, il capitulera après un an de résistance à Pondichéry (17 février 1761). Et l’Inde sera perdue comme le Canada, dans cette désastreuse guerre de Sept Ans.

« Il ne faut pas être plus royaliste que le roi. »1204

Phrase en vogue sous Louis XVI et devenue proverbe. La Monarchie selon la Charte (1816), François René de Chateaubriand

Cette maxime est inventée à la veille de la Révolution, pour critiquer les aristocrates qui défendent l’idée de monarchie et les intérêts du roi, avec plus d’ardeur que le roi lui-même.

Ce sont naturellement et avant tout les privilégiés, la noblesse et le haut clergé, les notables, tous ces gens attachés à leurs avantages acquis, et qui ne comprennent pas qu’en les défendant ainsi, ils jouent à plus ou moins long terme contre leurs intérêts, et contre le régime.

Louis XVI n’en est pas moins très « royaliste », imprégné de tous ses droits et devoirs de roi de droit divin, jusqu’à dire en 1787 : « C’est légal parce que je le veux. »

Sans doute assez intelligent pour comprendre la nécessité des réformes, mais pas assez courageux pour soutenir durablement ceux qui en ont le projet, c’est surtout un roi dramatiquement faible. Et comme tous les faibles, il est capable de coups de tête qui surprennent son entourage, et même de coups de force qui vont déchaîner le pays.

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